#Série d’été / Transport frigorifique : Vers des semi-remorques à hydrogène

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Semi-remorque frigo Hydrogène

Le prototype de semi-remorque frigorifique à hydrogène du projet ROAD est testé en collaboration avec le transporteur Malherbe.

Crédit photo DR
Deux projets français, ROAD et FresH2, visent à remplacer les moteurs diesel des semi frigorifiques par des piles à combustible à hydrogène et groupes réfrigérants adaptés. Objectif : décarboner le transport frigorifique. Pour l’atteindre avec ces semi-remorques, deux carrossiers-constructeurs français, Chéreau et Lamberet, mènent d’ambitieux programmes basés sur des piles à combustible (PAC) à hydrogène. Le but est d’alimenter en électricité des groupes froids, indépendamment du moteur du tracteur.

« Basculer les semi-remorques frigorifiques dans le tout électrique requiert des installations de recharge dotées de prises de forte capacité, lance Jean-Pascal Vielfaure, directeur général France et Europe du Sud de Carrier Transicold, qui fournit des groupes froids. Ce qui pré-suppose d’accéder à une électricité en abondance, ce qui n’est pas toujours le cas. D’où l’intérêt des solutions de remorques électriques à hydrogène. » C’est Chéreau qui a tiré le premier en présentant, en 2019, sur le salon Solutrans ROAD, la première remorque au monde fonctionnant avec trois PAC de 3,5 kW. Fruit d’un investissement de 3,3 millions d’euros en R&D financé en partie par l’État et la Région Normandie, son prototype opérationnel fait ainsi la démonstration que les habitudes du transporteur, en l’occurrence le transporteur Malherbe, changent assez peu.

Le carrossier-constructeur normand s’est entouré notamment de Carrier Transicold (groupe frigorifique) et FC LAB, une unité de recherche de l’Université de Bourgogne-Franche-Comté, spécialisée dans les PAC. « Les réservoirs à hydrogène sont implantés dans le châssis entre les longerons et le système de PAC logé en dessous de l’empattement. Les véhicules sont conçus pour au moins deux jours d’autonomie en longue distance, et une journée en distribution », assure Christophe Danton, directeur marketing et communication de Chéreau, groupe basé à Ducey (50) qui emploie 1 000 salariés. « Au printemps prochain, nous lancerons deux nouvelles semi-remorques à hydrogène de présérie, dans le cadre du projet « Vallée hydrogène Grand Ouest », dotées d’une seule PAC de 30 kW qui seront exploitées par Delanchy et STEF », confie Christophe Danton.

Un dispositif silencieux

De son côté, le projet FresH2, initié fin 2019 dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir (PIA) a mobilisé Bosch pour la PAC à hydrogène d’une puissance de 20 kW et Carrier Transicold pour le groupe frigorifique Vector HE 19 multi-températures ainsi que la remorque SR2 Heavy-Duty du carrossier-constructeur Lamberet, et STEF, le transporteur alimentaire sous température contrôlée. De la taille d’un porte-palettes, le dispositif FresH2, sans batterie, est situé dans l’empattement de la remorque.

Entré en phase des essais sur route en septembre 2021 dans la région de Chambéry (Savoie), FresH2 vise à développer sa version de semi-remorques hydrogène destinées au transport de produits thermosensibles. « Les essais ont validé le bon fonctionnement de la pile à combustible associée à un groupe froid. Mais les conducteurs ont apprécié cette remorque car elle est silencieuse, reprend Jean-Pascal Vielfaure de Carrier Transicold. C’est important car 80 % des livraisons de produits sous température dirigée s’effectuent entre 22 h et 6 h du matin. »

De son côté, Chéreau envisage d’industrialiser ses nouveaux produits à partir de 2025. L’objectif étant d’atteindre 20 % à 25 % de sa production sur le créneau de l’hydrogène d’ici dix ans. « Avant de passer à la phase de production, les essais doivent encore se poursuivre, estime Christophe Danton. Pour passer en série, il nous faudra suffisamment d’expérience et une vue pertinente sur le coût global d’exploitation qui, à ce jour, n’est pas encore compétitif face au diesel ou à l’électrique à batterie. » En effet, à plus de 10 euros le kilogramme, le prix de l’hydrogène vert reste cher. « Il faudrait l’abaisser, convient Jean-Pascal Vielfaur, à sept euros le kg. » En parallèle, le réseau de distribution d’hydrogène décarboné devrait étendre sa toile.

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