- UENF et OEB : mieux faire entendre la voix des opérateurs fluviaux en Europe
- La navigation intérieure doit sortir de l’ombre et du silence
- SNTC-Carline, une chaîne logistique équilibrée entre 3 modes
- Valoriser la rupture de charge
- Une stratégie volontariste en faveur du report modal
- Flexiloire : 5 ans pour atteindre la rentabilité
- Amener les clients à des solutions performantes
- Adaptation et réactivité sont nécessaires
- Un chargeur décide toujours sur 1 conteneur, 1 délai, 1 coût
- (Re)payer la route à son juste prix
- Le transport combiné rail-route, une solution d’avenir
- Être à l’écoute du client
En mai 2018, dix ans après sa création, Fluviofeeder Armement (FFA) a connu une évolution stratégique grâce à un périmètre d’activités élargi quand, dans un souci de cohérence et de neutralité vis-à-vis de la clientèle, la compagnie maritime Marfret a transmis à sa filiale l’ensemble des activités multimodales, entreposage et logistiques.
« Marfret a lancé en 2005 une activité fluviale qui a connu une forte croissance. Fluviofeeder Armement a été créé en 2008. A cette époque, FFA avait pour objectif de construire et d’armer des barges et des automoteurs sur la Seine et autres axes. En 2017, nos activités se sont élargies à l’entreposage et la manutention avec la reprise de Somap à Rouen. Il pouvait exister une confusion chez nos clients entre les activités maritimes de Marfret et les activités de transport multimodaux massifiés de FFA. La séparation en mai 2018 entre les deux activités permet de clarifier notre position et nous apporte davantage de légitimité vis à vis des armateurs maritimes et autres clients », explique Xavier Rose, chef de ligne, responsable de l’activité conteneurs à Rouen. L’unique actionnaire de FFA reste Marfret.
En tant qu’armement, FFA propose de l’affrètement d’unités nautiques ou spécialisées innovantes par des contrats de moyen ou long terme avec un chargeur. FFA peut réaliser du transport de vrac, actuellement, il s’agit principalement de produits pour les besoins des travaux du Grand Paris en région parisienne. En termes de rentabilité et de compétitivité, il y a ici deux conditions sur ces deux activités. « Il faut maximiser l’emport, optimiser le remplissage du bateau à un coût à la tonne acceptable par le chargeur, précise Xavier Rose. L’autre aspect concerne une moindre consommation en énergie, une consommation plus vertueuse que le transport routier de marchandises. Ces deux conditions sont indispensables pour convaincre un chargeur de poursuivre son projet de recourir à un mode massifié comme le transport fluvial ».
Une autre activité de FFA concerne le conteneur sur l’axe Seine. « Dans ce cas, la logique client est différente selon qu’il s’agit d’un réceptionnaire-chargeur, d’un transitaire ou d’une compagnie maritime, continue Xavier Rose. Au premier, il faut démontrer l’utilité pour lui de d’opter pour un transport massifié ». Tout chargeur connaît précisément le coût du transport d’un conteneur entre Le Havre, Rouen et la région parisienne.
Bientôt du ferroviaire
« Toute proposition plus chère conduit à argumenter sur la rupture de charge. Ici, l’acquisition de Somap constitue un avantage en permettant un process intégré. À Rouen, la durée de stockage est de 14 jours au lieu de 4 au Havre. Les entrepôts de Somap sont adossés au terminal. Cela permet une optimisation du travail des équipes lors des arrivées de barges et de navires. Nous apportons un vrai plus aux réceptionnaires-chargeurs à Rouen tout en respectant leurs impératifs de supply-chain ». Au transitaire, il faut savoir présenter un coût compétitif par rapport au transport routier de marchandises. Avec la compagnie maritime, il faut être capable de répondre rapidement notamment sur le repositionnement des conteneurs vides ou à un besoin de transport au moment T.
La rentabilité et la compétitivité des services de FFA avec Rouen Hub « reposent sur la valorisation de la rupture de charge avec des prestations étudiées et optimisées au moindre coût pour la réparation de conteneurs, la manutention, l’entreposage le tout avec un tarif attractif pour le client ». Il y a une gestion en fonction des flux avec la notion de « sky priority » et non pas par des prises de rendez-vous pour les transports terrestres comme au Havre.
Parmi les projets, le lancement d’une liaison ferroviaire à destination de la région parisienne qui permettra de desservir l’ensemble de la France notamment Bordeaux, Bayonne, Toulouse, Marseille, Lyon et de dépasser l’axe Seine pour répondre aux demandes de dessertes élargies des chargeurs.
« Avant, on était un tractionnaire massifié, aujourd’hui, nous devenons un intégrateur en contact avec les responsables supply-chain. Pour les convaincre d’utiliser les services de FFA, nous leur montrons que la rupture de charge est un coût mais qu’elle peut être valorisée et devenir une véritable économie pour le logisticien. Ce qui revient à les convaincre d’utiliser les modes massifiés associés à des services connexes en les valorisant ».