À partir de l’électrolyse de l’eau et des énergies renouvelables, Hy2gen a ouvert le champ des possibles en développant un portefeuille de produits aux applications très diverses pour décarboner la mobilité et l’industrie grâce à l’hydrogène et à ses nombreux dérivés : ammoniac, méthanol, kérosène vert, méthane renouvelable.
La levée de fonds de 200 M€ que l'entreprise créée en Allemagne en 2022 a été « le plus gros placement privé au monde dans le domaine de l’hydrogène, soutient Cyril Dufau-Sansot, cofondateur et président d’Hy2gen. Aujourd’hui, nous avons un portefeuille de plus de 20 Md€ d’investissements d’ici 2030 ». Mais compte tenu du cadre réglementaire, les projets avancent lentement, doit-il reconnaître. « Beaucoup sont en gestation, c’est long et complexe ».
Première usine de gaz renouvelable en service
C’est en Allemagne, dans la région d'Hambourg, qu’une première usine de production de 6 MW de gaz naturel renouvelable, combinant CO2 biogénique et hydrogène, est entrée en service fin 2023.
Hy2gen y a investi 30 M€ et prévoit de doubler la capacité de l’usine d’ici 2025. L’hydrogène est distribué par camion vers les 400 stations-services implantée en Allemagne
De l'hydrogène produit au Castellet
En Provence, un autre projet est sur le point d’aboutir. Baptisée « Sunrhyze », l’unité de production d’hydrogène sur le circuit du Castellet devrait sortir de terre sous peu. Les premiers coups de pioche sont prévus à la fin de l’été pour une mise en service mi-2025. « Nous démarrons avec 4 MW, soit 2 tonnes par jour d’hydrogène, avec comme ambition de monter à 30 MW et 12 t par jour », ajoute le président, ingénieur, résidant à Marseille.
« Sunrhyze » s'inscrit dans le cadre du programme « Hynovar » soutenu par la CCI du Var, la Région Sud (800 000 €) et l’Ademe (16 M€) qui comprend également l’installation d’une station de distribution maritime et terrestre à Brégaillon baptisée « Hynomed » pour un investissement global de 45 M€, dont 20 M€ pour la seule usine. Hy2gen souhaite dupliquer cet écosystème hydrogène sur les façades maritimes, dans les DOM-TOM notamment où l’électricité est d’origine fossile.
Accord avec MOL sur du e-méthanol
En octobre dernier, l'entreprise, qui compte cinq filiales aux États-Unis, en Norvège, en France, au Canada et en Finlande, signait avec l’armateur japonais MOL pour de la production de méthanol de synthèse en Basse-Saxe comme carburant marin.
Hy2Gen, dont le géant du négoce de matières premières Trafigura est un des actionnaires, entend être proactif sur les corridors maritimes verts, notamment en y amenant les molécules vertes. « Les commandes de navires au méthanol vont monter en puissance jusqu’en 2030 et l’ammoniac sera un des carburants du futur du transport maritime. Nous avons des projets avancés en Norvège et au Canada qui entreront en production en 2028 », précise le dirigeant.
L’entreprise de Wiesbaden (60 personnes) espère engranger ses premiers revenus en 2024. Elle s’appuie à ce stade sur les ressources de ses actionnaires : Trafigura, Technip Energies, la Caisse des Dépôts du Québec (CDPQ), le fonds d’investissement HY24 et Mirova.
Nathalie Bureau du Colombier