Avec 1,3 Mt exportées à l’issue de la campagne (pour 216 000 t à l’import), Nord-Céréales affiche une hausse d’un peu plus de 8 % par rapport à la période précédente, à 67,4 % du blé. Sans surprise, l’Algérie demeure en tête des pays destinataires (495 000 t), devant le Maroc (231 000 t), en progression, l’Arabie saoudite (187 000 t) et la Jordanie (105 000 t). Tandis que 250 000 t étaient destinées au marché intra-communautaire.
« La grève des cheminots nous a fait manquer un panamax complet de 63 000 t d’orge pour l’Arabie saoudite. Il n’est parti qu’avec 20 000 t. Cela représente un manque à gagner de 200 000 € pour les 40 000 t perdues », regrette le directeur de Nord-Céréales, Joël Ratel. Ce n’est toutefois pas de nature à ruiner son optimisme pour les campagnes à venir.
Grâce à une météo remarquable, la qualité des céréales était excellente pour la seconde année consécutive. Cette année, les agriculteurs des Hauts-de-France constatent des déficits hydriques dans leurs plantations, mais les céréales n’ont pas souffert pour autant. « Cependant, affirme Joël Ratel, nous devenons moins dépendants de la météo. Les organismes collecteurs ont en effet pris le virage de la qualité ».
En juin 2017, les 27 actionnaires, coopératives et négociants de la Sica Nord-Céréales ont en effet signé une démarche qualité régionale intitulée « Objectif Export », qui engage l’ensemble des organismes collecteurs dans l’amélioration de la qualité des céréales en agissant sur plusieurs critères: multiplier les variétés génératrices de protéines, améliorer l’allotement au détriment des mélanges, s’équiper d’appareils de mesure de la qualité des grains, respecter les normes techniques à la livraison, etc. « Cela peut aussi signifier une meilleure utilisation des engrais », ajoute Joël Ratel. Nord-Céréales veut aussi mettre en place une classification des variétés.
Pour le directeur de la Sica, la volonté de la respecter est réelle. Pour preuve, le négociant Jean-Jacques Vaesken, à Saint-Omer, sensibilise les producteurs à la teneur en protéines de leurs blés et leur demande également de mieux considérer l’agronomie et la qualité des sols.
L’objectif de cette recherche qualitative consiste à s’affranchir des commandes publiques qui ne sont guidées que par les prix en offrant davantage de valeur ajoutée.