Les infrastructures doperont l’émergence

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Depuis le 24 février, le Conseil national des chargeurs du Cameroun a ouvert un bureau à Paris. « Sept mois plus tard, il s’agit de donner une nouvelle impulsion à l’implantation dans la capitale française de ce bureau », a commencé par indiquer l’Ambassadeur du Cameroun à Paris, Son Excellence Lejeune Mbella Mbella. Il a aussi relayé le message du président de la république du Cameroun, Paul Biya, qui appelle de ses vœux le développement des politiques d’infrastructures, agricole, de l’énergie et du logement social pour « permettre au Cameroun de concrétiser les pas dans la voie de l’émergence ». Et l’ambassadeur du Cameroun en France de continuer de citer le président de la République: « Un pays sans connexions est un pays marginalisé. »

Le directeur général du CNCC, Auguste Mbappe Benda, a souligné le potentiel maritime et portuaire du Cameroun. « La coopération entre le Cameroun et la France est active et fonctionne bien. Nous sommes présents dans la capitale française pour aider les importateurs et les exportateurs à faciliter les opérations de la chaîne logistique », a indiqué le directeur général. Pour présenter le Cameroun, Auguste Mbappe Benda a précisé que le pays se trouve au carrefour des échanges de l’Afrique de l’Ouest. Disposant déjà du port de Douala, le gouvernement du Cameroun a concédé à des consortiums les terminaux du nouveau port de Kribi. Enfin, le port de Limbé, dans le sud-ouest du pays, devrait être opérationnel en 2017. Actuellement, seul le port de Douala est pleinement opérationnel. L’autorité portuaire a largement investi au cours des dernières années pour maintenir l’accès nautique du port de Douala à un niveau constant. Aujourd’hui, les autorités annoncent un tirant d’eau de 7 m maintenu tout au long de l’année.

Outre son activité économique pour le pays, le port de Douala est aussi un lieu de transit pour les pays et les régions enclavés proches. En 2014, le trafic de transit destiné au Tchad, la république de Centrafrique, le Congo (pour la région Nord principalement), la Guinée équatoriale et le Gabon entrent pour 9,3 % du trafic total. Le port a traité 1,01 Mt vers ces pays. Le Tchad représente la plus grande partie, a expliqué le directeur général du CNCC, avec 62 % du trafic vers ce pays, soit 630 587 t. Vient ensuite la RCA avec 16,5 %, soit 167 694 t. « Douala se place en première position pour le commerce extérieur camerounais. Nous traitons 80 % de ce commerce par notre plate-forme de Douala. » Mais si les chargeurs camerounais parlent de Douala, ils n’oublient pas la dernière réalisation portuaire menée par le gouvernement: le port de Kribi. Situé à MBoro, ce port est un catalyseur pour positionner le Cameroun dans les échanges du golfe de Guinée. Il dispose d’un tirant d’eau de 15 m pour accueillir les plus grands navires porte-conteneurs ou de vracs secs opérationnels actuellement.

La première phase de Kribi s’achève

Le développement de ce port se fera en trois phases. La première, qui a démarré avec les travaux en 2011 et qui s’achèvera en 2020, prévoit la construction d’un terminal à conteneurs, d’un terminal polyvalent et des infrastructures pour accompagner le port. Le terminal à conteneurs a été concédé au consortium formé par Bolloré, CMA CGM et CHEC. Le terminal polyvalent a été concédé à un consortium formé par le groupe Necotrans et KPMO (un consortium d’investisseur camerounais). « Nous avons terminé cette phase. Kribi dispose de son terminal à conteneurs et de son terminal polyvalent. Les deux consortiums choisis doivent procéder à des travaux avant que ces terminaux soient pleinement opérationnels. Nous pensons qu’en fin d’année, le port de Kribi sera opérationnel », a déclaré Josué Youmba, directeur général de l’autorité portuaire nationale du Cameroun. Pour les cinq années à venir, plusieurs nouveaux terminaux doivent être construits et notamment un terminal minéralier, un terminal aluminium et un terminal pour les hydrocarbures. Enfin, le réseau autoroutier qui relie Kribi à la capitale devrait être passé d’une 2x2 voies actuellement à 3x3 voies. Dans sa première phase, le port de Kribi aura une capacité de 350 000 EVP et de 1,2 Mt. Dans sa seconde phase, il devrait passer à 2,5 Mt. Lorsqu’il sera pleinement opérationnel, ce port devrait réaliser un trafic annuel de 100 Mt par an.

Outre ce nouveau port et celui de Douala, le Cameroun mise tout sur l’infrastructure portuaire en travaillant sur la construction du port de Limbé.

Limbé devrait sortir des limbes

Après quelques tumultes, ce port devrait voir le jour dans les prochaines années. Il devrait notamment servir pour les industries lourdes, les hydrocarbures et le trafic conteneurisé. Pour les logisticiens présents dans la salle lors de cette réception, le port de Limbé reste encore hypothétique. Les travaux se sont arrêtés pendant plusieurs mois. Ils ont repris en juin mais avancent difficilement, selon des opérateurs qui se sont rendus sur place récemment.

Aujourd’hui second partenaire commercial du Cameroun avec 745 262 t de trafic, la France reste malgré tout le premier fournisseur du Cameroun avec 589 322 t de produits exportés vers le pays. Demain avec Kribi, puis dans un second temps avec le port de Limbé, le Cameroun veut jouer le rôle de plate-forme commerciale du golfe de Guinée.

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