La phase législative est engagée

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Le 17 avril, l’Union maritime et portuaire de France (UMPF) a tenu une conférence de presse à Paris. L’organisation, présidée par Pierre Hanon, souhaite apporter de l’eau au moulin de la réforme en donnant son point de vue sur le texte. « Nous représentons l’interface privée du port autonome », indique le président. Une position qui ne vient pas en contradiction avec les fondements du texte. L’organisation loue « la volonté du président de la République et de son gouvernement de replacer les ports français dans les priorités de notre pays. C’est le second volet obligatoire après l’indispensable réforme dockers de 1992, pour entrer enfin dans le monde moderne ». L’UMPF s’inquiète de la tournure des événements. Les mouvements de grèves « pénalisent lourdement les entreprises, notamment les TPE et les PME du secteur et les plus fragiles, notamment les transporteurs routiers ». Une position qui ne va pas jusqu’à intervenir dans les négociations des partenaires sociaux, que l’organisation refuse. L’UMPF souhaite que la France prenne « modèle sur les organisations de ceux qui remportent les plus grandes parts de marché ». Elle réclame que les investissements de l’État et des collectivités locales soient à la hauteur des attentes. « Monsieur le ministre Bussereau a annoncé un doublement budgétaire 2009/2013, nous nous en félicitons et espérons le même engagement des collectivités locales. » Le seul point sur lequel l’UMPF est plus sceptique tient sur la gouvernance. Les ports concernés par la réforme seront gouvernés par un directoire, un conseil de surveillance et un conseil de développement. Le dernier aura un simple rôle consultatif lorsque les deux autres interviendront plus pour la gestion des ports. Réclamant dans ses rangs les partenaires privés du monde portuaire, l’UMPF entend que ses membres entrent dans les conseils de surveillance, « avec une représentativité en rapport avec leur importance et leur rôle dans la chaîne portuaire ».

Face à cette réaction, le GIP – Groupement interprofessionnel portuaire regroupant les armateurs, les courtiers, les manutentionnaires, les commissionnaires, les chargeurs et les représentants des autorités portuaires –, a répondu par un tract: « Saisissons cette chance de développer les trafics et l’emploi. » Il rappelle que le texte vient « en son temps et sans précipitation après une série de consultations de terrain et surtout de longues années de réflexion émaillées de débats et de rapports officiels ». Et pour tourner court à toutes critiques, le GIP rassure. « Il est compréhensible que de telles évolutions puissent susciter des inquiétudes chez les partenaires sociaux, des garanties ont cependant été données pour que personne ne reste au bord de la route. »

Pour la FNPD-CGT, ce texte « envoie les ports droit dans le mur ». Selon le syndicat majoritaire parmi le personnel portuaire, « la seule négociation proposée porte sur l’accompagnement des transferts et sur les mesures prévisibles pour les adaptations ou suppression d’emplois ». Le syndicat refuse les fondements de ce texte. Sans une annonce du différé de ce texte, il promet des mouvements pour désorganiser et paralyser les ports. Des actions qui auront « des conséquences gravissimes sur l’économie nationale, régionale et locale ». La revendication principale de la FNPD-CGT est d’assister à une concertation et une négociation réelle. « Les ports maritimes sont en situation d’alarme sociale, les travailleurs portuaires en situation de légitime défense. » Avec les mouvements de grève qui se déroulent dans les ports, la guerre est ouverte.

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