L'indice des directeurs d'achat, indicateur composite de l'activité manufacturière d'un pays, qui reflète les prises de commandes, la production, l'emploi, les livraisons et les stocks, a enregistré une douzième détérioration mensuelle consécutive du commerce mondial en septembre (dernière diffusion). Mais à un rythme moins prononcé que celui observé au cours des mois d'été.
Le PMI des nouvelles commandes à l'exportation, corrigé des variations saisonnières, est passé de 47,9 en août à 48,1, sachant qu’une valeur inférieure à 50 % signale une contraction de l'activité. La tendance à la baisse ralentit toutefois puisque c’est le plus faible repli enregistré au cours des 12 derniers mois tout en étant à des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis la crise financière mondiale en 2008.
Certaines catégories de marchandises plus impactées
« Dans une large mesure, les politiques actuelles de réduction des stocks continuent de peser sur la production industrielle », indique S&P Global, qui compile les données du PMI.
Les produits du papier et du bois sont les plus impactés tandis que les secteurs de la chimie et de l’agroalimentaire ont soutenu l'amélioration des matériaux de base et des biens de consommation respectivement.
Dégradation accélérée en Europe
Les économies développées connaissent une détérioration plus marquée. C’est en Europe que les commandes à l'exportation ont chuté à l'un des rythmes les plus rapides jamais enregistrés, à l'exception de la période de pandémie.
Le Royaume-Uni a contenu davantage le repli mais après avoir enregistré en août sa détérioration la plus élevé depuis la crise financière mondiale.
Les États-Unis n’ont pas connu un changement dans le rythme de contraction de leurs échanges contrairement au Japon qui se trouve à contre-courant de la tendance à la détente observée dans le reste de l'Asie.
Inde en forte expansion
Sur les marchés émergents, l'Inde reste le pays le plus performant, avec des exportations en forte expansion. La Russie a également enregistré une croissance des nouvelles commandes à l'exportation, tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services.
Enfin, la Chine reste dans un environnement difficile. Le secteur manufacturier clé a toutefois freiné la tendance à la baisse des commandes en provenance de l'étranger.
Nouvelle détérioration en octobre
En octobre, l'activité manufacturière mondiale était toujours inférieur au seuil de 50 et aucun signe convaincant de rebond n'est perceptible, selon les données diffusées par Maersk dans son rapport financier du troisième trimestre. Le secteur manufacturier est au point mort et l'activité dans le secteur des services s'est essoufflée par rapport au deuxième trimestre.
La faible demande pour les exportations manufacturières de l'Europe et la stagnation de la demande intérieure ont tiré la croissance vers le bas.
En Chine, le marché immobilier demeure le maillon faible et, combiné à des niveaux d'endettement élevés et à des tensions géopolitiques, les inquiétudes concernant les perspectives de l'économie chinoise sont nombreuses, estime le goupe de transport danois.
Maersk vient de publier un troisième trimestre sacrément en retrait par rapport aux niveaux exceptionnellement élevés de l'an dernier et d'annoncer des mesures supplémentaires de réduction de ses charges qui passent par des suppressions de postes.
A.D