En marge du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (60 % du PIB mondial, 21 pays membres, dont le Japon, la Corée du Sud, les États-Unis, le Mexique mais aussi la Russie), Xi Jinping a inauguré ce 14 novembre, aux côtés de son homologue péruvienne Dina Boluarte, le nouveau port de Chancay, implanté à environ 80 km de la capitale Lima.
Financé par la Chine à hauteur de 3,5 Md$ le terminal, d’une capacité annuelle de 1,5 MEVP, le terminal en eaux profondes (près de 18 m), dont la construction a débuté en 2021, a été concédé pour une durée de 30 ans à Cosco Shipping Ports, qui au cours de sa première année d'exploitation s’attend à voir transiter par le port près d’1 MEVP.
Son mètre linéaire de quai, dont 850 m en eaux profondes, sera équipé à terme de 15 postes d’amarrage – quatre dans sa première phase –, et de six portiques capables de traiter les plus grands porte-conteneurs avec leur hauteur de levage de 54 m et leur portée de 72 m. La nouvelle installation a déjà traité ses premières escales-test avec deux porte-conteneurs de Cosco, les Cosco Shipping Peru (14 092 EVP) et du Xin Shanghai (9 580 EVP).
Influence croissante de la Chine
Sur le plan politique, le chantier illustre l'influence croissante de la Chine en Amérique latine, autrefois considérée comme le domaine réservé des États-Unis, et alors que les deux pays sont en route vers leur deuxième guerre commerciale.
Le commerce bilatéral entre la seconde puissance économique mondial et le Pérou, s'élevait en 2023 à près de 36 Md€, le plaçant au quatrième rang des partenaires commerciaux du géant chinois en Amérique latine.
Connecté à l'autoroute Panamericaine, qui parcourt le Pérou du nord au sud, par un tunnel de 1,8 km, Chancay permettra de désenclaver la Chili, la Colombie et à l'Équateur tout en évitant les ports mexicains et américains pour leur commerce avec l'Asie.
Au Brésil pour le G20
Après le Pérou, le chef d'État chinois se rendra au sommet du G20 à Rio de Janeiro au Brésil, pays dont la Chine est le premier partenaire commercial, avec plus de 180 Md$ d'échanges bilatéraux l'an dernier. En juin, la visite en Chine du vice-président brésilien Geraldo Alckmin avait été perçue comme le signe d’une nouvelle adhésion aux Nouvelles routes de la soie, programme visant à développer les liaisons maritimes, routières et ferroviaires entre les continents. Et axe central du grand dessein chinois porté par un exécutif aux envies impériales.
Adeline Descamps