Malgré les impacts de la crise sanitaire, le port de Bordeaux est parvenu à se maintenir au-dessus de la ligne des 6 Mt. Le ralentissement de l’activité industrielle dans l’hinterland conjugué à la chute des approvisionnements en hydrocarbures a plus spécifiquement bousculé les importations.
6 047 000 t de marchandises ont transité en 2020 au port de Bordeaux, ce qui représente une baisse de 11,21 %. Si le niveau est historiquement faible, la baisse par rapport à 2019 s’inscrit dans la moyenne nationale des ports français. Ce sont essentiellement les imports, en baisse de 13,86 % (- 742 000 t), qui ont été affectés, en premier lieu les entrées d’hydrocarbures en chute de 400 000 t.
Alors que le trafic pétrolier représente la moitié du trafic global, la baisse de la consommation d’essences tout au long de ces mois sanitaires a pesé lourd dans le tonnage portuaire. Le ralentissement d’activité de grandes industries de l’hinterland (Michelin, Yara, Saipol…) s’est en parallèle répercuté sur le niveau des entrées des oléagineux (- 18,7 %), les engrais et matières premières (- 13,8 %), les matériaux de construction (- 18 %) et les produits chimiques (- 5,6 %).
Les services portuaires, qui ont perdu deux de leurs plus importants marchés –- le pétrole et les croisières – sont aujourd’hui particulièrement à la peine.
Maintien du tissu industriel
« Cependant malgré la crise, le tissu industriel se maintient. L’usine Michelin de Bassens n’est pas touchée par le plan national de réduction des effectifs tout comme le groupe Saipol qui a pourtant fermé l’an dernier en France deux de ses entreprises », constate Maud Guillerme, de l’Union maritime et portuaire bordelaise. Pour le professionnel, « même si c’était une année difficile », l’effort de relance est manifeste et la dynamique est portée par « les investissements sur le terminal conteneurs de Bassens, l’arrivée d’une nouvelle drague en 2020, des projets pour développer les vracs secs ou sur l’hydrogène. »
De fait, les efforts entrepris pour impulser de nouveaux flux ont malgré le contexte porté leurs fruits. « Les trafics à l’export liés à l’économie circulaire [pneus broyés, papiers, ferrailles…] se sont bien portés avec même l’arrivée en 2020 du collecteur de ferrailles Sirmet », indique ainsi Jean-Frédéric Laurent, directeur général du port.
De même, au niveau des sorties, les céréales ont tenu le cap (608 233 t, + 6,5 %). Comme dans tous les ports céréaliers, en lien avec la nouvelle campagne, les deux semestres ne se ressemblent pas, « avec cependant quelques trafics d’opportunités sur le maïs qui a permis une bonne tenue globale du secteur ».
Retour des entrées de conteneurs pleins
Quant au trafic des conteneurs, si le trafic total en EVP reste en territoire négatif (- 17 %), les entrées de conteneurs pleins ont grimpé de 28 % et le mois de décembre affiche une progression de 40 % en nombre d’EVP comme en tonnage.
Pour Jean-Frédéric Laurent, cette reprise devrait sans doute perdurer grâce à la modernisation de l’installation avec de nouvelles grues dès 2021 et la construction de nouveaux bâtiments de stockage à l’horizon 2022. « Ce sera l’une des actions phare du futur projet stratégique, actuellement en cours d’élaboration et qui devrait être effectif fin 2021 ».
Marianne Peyri