Après une baisse de trafic de 16 % en 2020, le Grand port maritime de la Martinique a connu en 2021 une légère reprise d’activité de 2,4 %. Les 2,76 Mt manutentionnées sur les quais de Fort-de-France font cependant de l’année écoulée le deuxième pire millésime de la dernière décennie. Cette situation vient en grande partie de la baisse des volumes de pétrole brut, dont les importations ont encore diminué de 47 % en 2021, totalisant seulement 150 571 t alors que les importations avaient atteint 709 000 t il y a cinq ans. L’arrêt technique quinquennal de la raffinerie Sara du Lamentin aura duré neuf mois, pour ne se terminer qu’en juin 2021. Dès août, de nouveaux arrêts techniques, imprévus quant à eux, ont à nouveau interrompu l’activité. La raffinerie n’aura donc connu que deux livraisons de brut en 2021. En progression de 23 %, à 528 000 t, les flux de produits pétroliers raffinés ont compensé. Ils ont été l’an dernier exclusivement portés par les importations pour servir la demande locale, alors que les exportations de produits pétroliers vers la Guadeloupe et la Guyane ont diminué.
Record pour les conteneurs
Les importations de fioul lourd pour la centrale EDF à l’appontement de Bellefontaine ont augmenté de 5 %. Les 170 296 t importés constituent un record pour ce trafic et permettent d’absorber le manque à gagner en fioul FOD (– 26 %, 15 400 t) dû à la baisse progressive d’activité de la centrale de Pointe-des-Carrières. Au total, les vracs liquides totalisent 848 791 t (– 3 %). Avec les vracs solides (382 621 t) en hausse de 14 %, le port enregistre une seconde performance sur ce segment. Il le doit aux importations de clinker (152 271 t, + 46 %). Il faut aussi noter une croissance des entrées de céréales (51 756 t, + 9 %) tandis que celles de biomasse, en repli de 3 % (152 721 t) reflètent les problèmes techniques au terminal de déchargement de l’hydrobase. Les conteneurs, après une baisse d’activité de 8 % en 2020, progressent de 4 % en 2021 avec 171 723 EVP. La croissance est de 3 % pour les conteneurs domestiques et avec 153 209 EVP, elle constitue un niveau inédit. L’export de banane participe de ce bon résultat avec 14 255 EVP, soit une progression de 6 %. Le GPM note un tonnage moyen par EVP en nette baisse. Cela tient à la fois, selon la direction du port, « au taux de transbordement dont les conteneurs sont plus remplis et à la nature des biens importés, moins pondéreux et plus volumineux ». Le différentiel de 3 373 EVP entre les conteneurs en entrées et en sorties est, lui, le signe d’un stockage important sur le terminal en fin d’année. Les conteneurs en transbordement ont connu une activité très irrégulière au cours de l’année. Ils totalisent 18 514 EVP (+ 19 %) grâce au dernier trimestre. C’est un niveau moyen pour une activité transbordement qui reste très variable d’une année sur l’autre à la Martinique.