L’échec du privé dans la manutention verticale

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Après plusieurs mois de dialogues infertiles, de tensions et de mouvements sociaux, une issue a vu le jour début décembre pour assurer de nouveau la pérennité des chargements et déchargement de marchandises sur les quais bordelais. Une nouvelle filiale, 100 % Grand Port maritime de Bordeaux (GPMB), dénommée BOP, Bordeaux Opérations Portuaires, est désormais le nouvel employeur et gestionnaire du personnel grutier, avec un effectif de 26 salariés et un capital de 1,2 M€. Faute d’offres privées, le GPMB s’était porté candidat pour la reprise de la société de manutention BAT, Bordeaux Atlantique Terminal, en redressement judiciaire depuis mai dernier, cette entreprise de manutention qui avait été créée dans la lignée de la réforme portuaire, détenue à 65 % par Sea Invest et accusant un déficit annuel de près de 1 M€.

Cette proposition, acceptée fin novembre par le Tribunal de commerce de Bordeaux, prévoyait le transfert de 26 salariés au sein de BOP et un « retour au port », dans les ateliers de maintenance, de 18 autres salariés de BAT. Mais trois salariés restaient sur le carreau. Une situation inacceptable pour le syndicat général CGT du port de Bordeaux. « Lors de la réforme portuaire, nous sommes déjà passés de 72 salariés à 47 », indique Cyril Mauran, qui ne peut manquer de pointer l’échec de la réforme portuaire et « la preuve que le privé n’a rien apporté ».

L’intervention d’un médiateur, réclamé par le Syndicat en rupture avec la direction du GPMB, a permis en trois réunions de déboucher sur un protocole d’accord le 7 décembre dernier, prévoyant l’intégration des trois salariés menacés de licenciement au sein des ateliers de maintenance du port. Jusqu’en avril 2019, deux experts, l’un nommé par la CGT et l’autre par la direction du port, devront suivre la réorganisation de la manutention verticale afin de « retrouver une sureté de déchargement et que les clients du port reprennent confiance », indique Philippe Dorthe, l’élu socialiste chargé par le Ministère des Transports de conduire la médiation. « Nous avons fait acter également une protection de la nouvelle filiale, sur les conditions de cession ou les situations éventuelles d’abus de position dominante. On ne peut nationaliser les pertes et privatiser les bénéfices. BOP doit être protégé pour éviter ce type d’aller-retour », ajoute Philippe Dorthe.

De fait, le GPMB, qui a pu reprendre la manutention verticale par dérogation de l’État, a obligation d’ici trois ans de trouver un repreneur privé. « Le nouveau protocole d’accord prévoit pour le GPMB une autorisation pour 3 ans prorogeable jusqu’à 5 ans, date de l’appel d’offres. Là sera vérifiée la qualité des candidats, s’ils ont les reins solides et surtout s’il n’y a pas de situation monopolistique », complète Renaud Picard, directeur financier au GPMB, qui a participé à la médiation, sur demande du ministère.

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