Le Sanchi et un vraquier chinois chargé de céréales en provenance des États-Unis sont entrés en collision en mer de Chine orientale à environ 160 miles nautiques au large de Shanghai. Le pétrolier a rapidement été la proie des flammes quand le vraquier a pu continuer sa route, sans que cet accident mette en péril sa sécurité. Dès les premières heures de ce sinistre, l’équipage du pétrolier, composé de 32 personnes, a été porté disparu. Le 8 janvier, les autorités chinoises ont annoncé avoir repêché un corps sur les 32 membres de l’équipage disparus. Transportant 136 000 t de pétrole léger, des condensats, le navire s’est enflammé de suite. Dès l’annonce de ce sinistre, les autorités chinoises ont envoyé sur place des navires de secours. Le Sanchi a chargé du pétrole en Iran destiné à la Corée du sud. Un navire sous contrôle de la NITC, National Iranian Tanker Company. « L’environnement et les conditions en mer ne sont pas très propices aux opérations de recherche et de secours », a annoncé le 8 janvier le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Lu Kang.
Tout au long des opérations de sauvetage, les intervenants ont été empêchés de secourir l’équipage et le navire en raison de l’épaisse fumée et des émanations liées au feu. Dès les premiers jours du sinistre, des fuites d’hydrocarbures ont été décelées. Pour le ministère chinois des Transports, la situation est inquiétante. « Le pétrolier présente un risque d’explosion ou de naufrage, et les émanations toxiques sont nocives pour le personnel de secours présent sur les lieux », a souligné le ministère des Transports de Pékin dans un communiqué.
Après presque une semaine de feu, le Sanchi a explosé pour la seconde fois le 12 janvier. De plus, en dérivant, le Japon a affirmé que désormais le navire se situait dans ses eaux territoriales.Pour sa part, voyant le navire dérivé, le Japon a proposé son aide mais s’est vu rétorqué par les autorités chinoises « qu’ils géraient l’affaire par eux-mêmes ».
Le 14 janvier, soit une semaine après la collision, le Sanchi a coulé. La veille, le 13 janvier, les autorités chinoises ont réussi à récupérer la boîte noire à nord du pétrolier.
Après avoir coulé les nappes d’hydrocarbures qui se sont échappées des cuves du pétrolier ont continué de bruler sur la surface de la mer. Toute la cargaison du navire n’ayant pas brulé, une grande partie des hydrocarbures se sont répandus. « C’est une catastrophe écologique puisque cette région est une zone de frai pour des poissons. Le condensat, une fois rejeté en mer forme un nuage toxique qui flotte entre deux eaux. Toute la faune aquatique de la zone pourrait, à terme, soit être empoisonnée, soit contracter des maladies voire devenir stérile », a expliqué Richard Steiner, un spécialiste des marées noires, qui n’hésites pas à alerter en rappelant que c’est la première fois qu’une cargaison aussi importante de condensats qui sera rejetée en mer. Après le naufrage, le 18 janvier, les autorités chinoises ont déclaré qu’elles surveillaient quatre nappes de pétrole qui s’étend sur 69 km2 et plusieurs autres se répartissent sur 40 km2. Quatre jours plus tard, le 22 janvier, Pékin a annoncé que la nappe de pétrole s’étend désormais sur 300 km2.