Nantes Saint-Nazaire Port reprend des couleurs

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Les dirigeants de Nantes Saint-Nazaire Port préfèrent voir la bouteille à moitié pleine. Faute d’avoir été voté par les collectivités locales (Région, Département, Métropole…), le budget de Nantes Saint-Nazaire Port reste en suspens… « Jusqu’à ce qu’on y voit plus clair… », indique Pascal Freneau, directeur de la communication et membre du directoire. Fixé à 18 M€ par le gouvernement précédent, la dotation de l’État consacré au dragage a été recalculée par le gouvernement Philippe pour atteindre, selon les calculs de Nantes Saint-Nazaire Port, 13 M€. Une différence qui, à l’automne, a ulcéré les élus locaux ayant décidé de boycotter le vote du budget. D’autant que le port jusque-là non soumis à la pression fiscale l’est devenu depuis la mise en application de réforme 2008. « L’ensemble des opérations de draguage nécessaires au maintien du chenal en état représentent, dragage de souilles compris, financé lui en propre par Nantes Saint-Nazaire port, jusqu’à 25 % du budget », justifient les responsables portuaires. Principale conséquence, les investissements devant être programmés en 2018, devront être validés chaque mois. « Même si l’on fait passer les investissements à la toise tous les mois, les choses se feront… », veut rassurer Francis Bertolotti, président du conseil de surveillance jusqu’à fin 2017. « Nous sommes dans l’incertitude mais pas dans l’inquiétude », dit-il.

Des indicateurs au vert

En 2017, 32 M€, soutenus par une importante participation des collectivités locales, ont été investis dans les infrastructures portuaires pour devenir un port de référence dans la transition énergétique et écologique (remotorisation d’une drague au GPL, piste cyclable autonome, rénovation forme de radoub, étude pour le pilotage intelligent des réseaux électriques, mise en oeuvre d’un service logistique fluvial, aménagements divers…). Trente millions devraient encore être injectés cette année dont la moitié pour poursuivre la modernisation de l’outil portuaire (maillage ferroviaire de montoir, hub logistique, requalification de zone industrialo-portuaire, valorisation des zones du carnet et de Cheviré) et accélérer la dynamique commerciale engagée depuis plusieurs années. Car, les investissements commencent à porter leurs fruits. A l’instar de l’allongement de 350 mètres des quais du TMDC (Terminal à Marchandises Diverses et Conteneurs) à Montoir pour permettre l’accueil de porte-conteneurs de 8 000 EVP contre 4 000 EVP jusque-là. L’an dernier, 195 000 EVP ont transité par le site de Montoir. Ce trafic a augmenté de + 3 %, grâce au service feeder de l’armateur MSC, relié aux ports du Nord et du Sud de l’Europe qui a ouvert une seconde escale. CMM CGM a étendu ses connexions vers l’Egypte, le Liban et l’Algérie et UASC (United Arab Shipping Company) a ouvert un service à l’importation en provenance d’Asie. Nile Dutch qui développe un service export vers l’Afrique a vu son trafic grimpé de 8 %. Les 40 M€ investis dans l’allongement du quai ont aussi permis l’accueil de colis industriels lourds comme les nacelles pour EMR de GE (Général Electric). De même que le renforcement du quai de la prise d’eau à Saint-Nazaire permet le roulage de sous-stations électriques d’Alstom de 1 500 tonnes.

À l’exception des céréales (– 43 %) impactés par des récoltes catastrophiques en 2016, tous les secteurs sont, aujourd’hui, dans le vert. Le port ligérien finit l’année avec un trafic global de 29.9 Mt, en croissance de 17.2 %. De fait, le nombre d’escales de navires atteint 2665 unités, soit 263 de plus qu’en 2016. Nantes Saint-Nazaire Port conserve bien son statut de port énergétique avec un trafic de gaz retrouvé (+ 47 % en 2017) depuis la chute de 2015. Le trafic roulier a lui profité de la conjoncture de la conjoncture favorable sur l’automobile, notamment avec l’extension de l’autoroute de la mer entre Vigo et Montoir vers Tanger et Zeebrugge. Cette activité a aussi profité de l’évolution des schémas logistiques d’Airbus avec l’ouverture de deux escales hebdomadaires entre Saint-Nazaire et Hambourg sur la Milk Run North. Que ce soit sur le pétrole (+ 9 %), les vracs, le ciment (+ 3 %) ou la ferraille (+ 21 %) Nantes Saint-Nazaire Port a réussi à tirer parti de la diversité de ses trafics. Globalement, les vracs solides ont crû de + 18 % et les vracs solides de 19 %. Même le charbon a retrouvé des couleurs avec un trafic multiplié par trois après deux années au ralenti en raison de travaux de maintenance des installations sur la centrale de Cordemais, dont l’avenir reste, néanmoins, lui aussi incertain.

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