Les vracs liquides ont gagné 5 % à 49,7 Mt. Une hausse qui s’explique d’abord par la reprise d’activité de raffineries qui avaient suspendu leur activité pour des opérations de maintenance. « Les raffineries de l’axe Seine ont tourné à plein régime », a expliqué Hervé Martell, président du directoire du GPM du Havre. Les entrées de pétrole brut sont en hausse de 18 % à 28 Mt. Un chiffre d’autant plus encourageant que cette augmentation de trafic vaut aussi par rapport à l’année 2015 qui avait été une année de plein régime. Pour les raffineurs, les marges étant favorables ils ont accentué le recours aux installations séquaniennes.
Les marchandises diverses, à savoir conteneurs et rouliers, ont participé à la performance d’Haropa en 2017. Du côté des conteneurs, « 2017 s’affiche comme une année exceptionnelle pour la filière », ont expliqué les directeurs de directoire. Le trafic conteneurisé a réalisé un bond de 15 % en tonnage à 29,1 Mt et de 14 % en EVP à 3 MEVP. Sur la structure du trafic, le transbordement, estimé aux environs de 1 MEVP, est en hausse de 39 % quant au trafic d’hinterland, d’environ 2 MEVP, il enregistre une hausse de 7 %. « Sur le range d’Europe du nord, a continué Hervé Martel, les ports affichent en moyenne une hausse de 4 %. Notre belle performance de 2017 signifie que nous avons gagné des parts de marché ». Haropa est en effet passé de 6,6 % de parts de marché en 2015 à 6,9 % en 2017. En 2016, avec la baisse de trafics conteneurisés à Haropa, la part de marché s’est établie à 6,2 %. Une augmentation qui s’explique surtout par le choix des alliances à desservir Le Havre. Un choix des armements qui se confirme puisque The Alliance (regroupant Hapag Lloyd, MOL, NYK, K Line et Yang Ming) a annoncé l’ouverture d’un nouveau service au Havre en avril. De plus, les services de feeder de MSC et X Press, notamment, offrent aux armements des possibilités de relier la Grande-Bretagne et l’Irlande directement depuis le port normand.
L’autre filière des marchandises diverses, à savoir le trafic roulier, s’élève à 300 000 véhicules traités. Un trafic en hausse en 2017 de 18 % pour les importations et exportations de véhicules. De nouveaux contrats avec des constructeurs automobiles ont été signés qui dopent cette filière. « Nous avons mis à l’étude l’agrandissement de 20 hectares supplémentaires pour les opérateurs rouliers sur le port du Havre. Il a fallu entreposer des véhicules sur un autre terminal au cours de l’année en raison de la croissance de ce trafic », a souligné Hervé Martel.
La seule ombre à ce tableau est à mettre au passif des vracs solides. Avec une campagne céréalière 2016/2017 difficile et un début de campagne 2017/2018 compliqué, cette filière des vracs solides a malgré tout aussi enregistré de bons résultats dans certains secteurs. La campagne céréalière passée a été marquée par une récolte française de moindre qualité qui a fortement impactée les exportations françaises. Face à cela, la récolte record en Russie et dans les pays de mer Noire et en Argentine ont conduit à une diminution des prix à la tonne. À la fin du second semestre de 2017, soit la première partie de la campagne céréalière 2017/2018, la reprise des achats algériens et marocains au cours des dernières semaines a permis d’espérer un léger mieux pour la campagne actuelle. Surtout, sur les premiers mois de l’année, les exportations de céréales des silos français semblent être au ralenti afin de voir les prix reprendre des couleurs. Quant à l’alimentation animale, elle perd 0,3 % à 1,3 Mt en raison de la forte diminution des flux de tourteaux de gluten de blé liée à la mauvaise qualité des céréales françaises. Ensuite, le malt a encore perdu du volume surtout sur les volumes de vrac. La logistique de ce produit tend à se tourner de plus en plus vers le conteneur.
La reprise du sucre
À l’inverse, les trafics de sucre ont repris depuis la nouvelle campagne qui a démarré le 1er octobre. Ce sont quelques 50 000 t de sucre en sac qui sont partis de Rouen et une autre partie par conteneurs. Enfin, autre filière avec des chiffres positifs, les matériaux de construction ont vu leurs trafics progresser de 18,9 % à 1,2 Mt portés par la reprise de la construction en région francilienne et en Normandie ainsi que les premiers travaux du Grand Paris.
Disposer de terminaux et de trafics en hausse signifie aussi d’avoir des dessertes vers l’hinterland efficace. « Contrairement à nos concurrents d’Europe du nord, nous ne sommes pas congestionné. Nous ne souffrons d’aucune congestion ni du côté maritime ni du côté terrestre », a rappelé Hervé Martel. L’année passée a surtout été marquée par le recours de l’ensemble des opérateurs havrais au terminal multimodal. Un outil qui a généré un trafic de 145 000 EVP. « En 2018 nous devrions atteindre 170 000 EVP », espèrent les responsables. Haropa mène actuellement une concertation avec la commission nationale du débat public sur les différentes options ouvertes pour la desserte fluviale des terminaux de Port 2000. Trois options sont en discussion: la première prévoit une route nord et une route sud pour l’accès aux terminaux. La seconde vise à construire un nouveau quai sur le terminal multimodal. Enfin, la troisième option serait de creuser une « chatière » pour faciliter le passage des barges. La dernière réunion devait se tenir au Havre le 17 janvier. La commission disposera d’un mois pour rendre son rapport et ensuite le maître d’ouvrage décidera. « Nous pensons que cela pourra se faire au cours du conseil de surveillance du mois de mars », a indiqué le président du directoire du GPM du Havre. En 2018, Haropa souhaite maintenir son développement sur les dessertes ferroviaires et fluviales. Ainsi, une nouvelle navette ferroviaire reliant Le Havre avec la Suisse devrait démarrer en mars. Née de la coopération entre Haropa, le GPM de Marseille-Fos et Naviland, cette navette ferroviaire doit permettre aux deux places maritimes françaises de s’imposer sur les volumes suisses, estimés entre 350 000 et 400 000 EVP par an. De plus, le début des travaux sur la ligne ferroviaire entre Serqueux et Gisors en novembre promet une livraison de cette liaison pour le contournement de Paris en 2020. Et pour conforter cette politique tournée vers les modes de transport massifié, Hervé Martel a rappelé que « l’aide à la pince » devrait stimuler le transport combiné sur l’axe Seine. « Ce n’est qu’avec une aide que le transport fluvial se développera ». Quant au fret ferroviaire, il a indiqué qu’il faut prendre en considération le coût du péage du fret sur les lignes et cette aide pour prévoir un développement à long terme.