Lors des réunions organisées ces derniers mois sur le projet de canal Seine-Nord Europe (SNE), un leitmotiv est toujours revenu au cours des débats: le silence persistant de l’exécutif francilien et de sa présidente Valérie Pécresse sur une contribution de la Région au financement de cette nouvelle infrastructure, à la différence de l’ensemble des autres collectivités territoriales concernées. À plusieurs reprises, lors de ces réunions, l’idée a été émise de la nécessité de faire connaître précisément à la présidence de la Région Ile-de-France (IDF) les bénéfices économiques du canal Seine-Nord Europe/Seine-Escaut. C’est l’association Seine-Nord Europe (ASNE) qui s’est chargée du travail et a rédigé un document rendu public le 10 novembre. Le document met en avant « six points clés pour l’IDF ».
Six points clés
• Dix mille à 13 000 emplois créés pendant le chantier entre 2017 et 2023. Il s’agit d’emplois directs et indirects créés chaque année dans les régions concernées, notamment dans les entreprises et bureaux d’études franciliens de travaux publics;
• une démarche « Grand Chantier » pour l’emploi local. Grâce à cette procédure, le chantier bénéficiera d’abord à l’économie des deux régions concernées. Après la mise en service du projet, le développement de la logistique en IDF constituera un levier de création d’emplois pérennes sur l’un des corridors industriels, agricoles et logistiques les plus importants d’Europe;
• la compétitivité des entreprises améliorée grâce à un coût du transport divisé par deux. Grâce à son efficacité économique et environnementale, SNE améliorera la compétitivité du tissu économique francilien ainsi que l’attractivité et l’accessibilité des collectivités situées en zone dense, via le réseau fluvial et portuaire francilien. Ce nouveau système de transport fluvial offrira à l’IDF une double entrée/sortie maritime, ouest et nord, et un outil logistique bas-carbone au service d’un développement durable des territoires;
• un fort développement économique attendu en bord à voie d’eau. Situés le long de cette future liaison fluviale, les ports intérieurs et les plates-formes multimodales comme celles de Ports de Paris, actuels et en projet, constitueront des lieux propices à l’implantation de nouvelles activités logistiques, économiques et industrielles, générant de nombreux emplois pérennes non délocalisables. Soit 10 000 à 15 000 emplois dix ans après la mise en service prévue en 2023, environ 45 000 à l’horizon 2050;
• l’IDF placée au cœur d’un réseau fluvial à très grand gabarit. Seine-Escaut renforcera la position stratégique de l’IDF au cœur de l’Europe occidentale et l’arrimera à l’arc fertile européen, grande région de dizaines de millions d’habitants qui réunirait alors le Grand Paris et l’axe Seine à l’axe rhénan et à la banane bleue européenne;
• un projet et des aménagements connexes cofinancés par l’Union européenne (UE). Figurant parmi les cinq projets majeurs de l’UE en matière de transport, SNE bénéficie d’un cofinancement européen de 50 % pour les études et de 40 % pour sa réalisation. Les équipements connexes à SNE sont également éligibles à des financements européens complémentaires. C’est une opportunité à saisir pour l’aménagement de tout le grand bassin parisien.
Le document de l’ASNE présente aussi des contributions d’organismes socio-économiques majoritairement situés en IDF. Tous sont « persuadés que le projet SNE, maillon français de la liaison fluviale européenne Seine-Escaut, confortera l’IDF dans son rôle de hub européen et contribuera à la dynamique économique francilienne ». L’ASNE souligne: « Si toutes ces contributions convergent sur l’intérêt économique de SNE, elles mettent en évidence également la nécessité de boucler son plan de financement et de conforter son calendrier de réalisation afin que les acteurs économiques puissent disposer d’une réelle visibilité sur la mise en service de ce projet et ainsi y adosser leurs stratégies logistiques et industrielles. » Aussi, « les présidents des organismes socio-économiques consultés appellent donc la présidente de la Région IDF à confirmer une contribution financière de la région au financement du projet ».