Le Bimco publie un plaidoyer pour sortir de la crise

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La crise économique n’a pas fini de toucher le monde du transport maritime. Après avoir publié un rapport sur la route pour retrouver la croissance (Road to recovery), le Bimco a mené une nouvelle enquête sur la situation de l’industrie du vrac sec pour dresser un constat de l’état actuel de cette industrie et des solutions pour en sortir. Publiée le 6 octobre, cette étude met en évidence la nécessité de voir une véritable révolution culturelle s’instaurer dans cette filière pour trouver des solutions.

Optimisme tempéré

En premier lieu, le Bimco tempère son optimisme. « Il ne faut pas s’attendre à ce que l’économie du transport maritime se porte mieux avant 2019 ». Et cette perspective n’est envisageable qu’à la seule condition que les armateurs soient sur une tendance de progression zéro de la flotte. Un défi pour le Bimco, puisque sur les 35 dernières années, les armateurs de vracs secs n’ont connu que trois ans de croissance zéro.

Du côté de la demande, si la croissance des trafics de vracs secs a progressé de 40 % au cours des dix dernières années, la question posée par le Bimco est de savoir si nous n’avons pas atteint un pic dans cette consommation. L’organisation internationale met en évidence le fait que la demande en matières premières sèches est dirigée par quelques pays, et principalement par la Chine. Or la politique chinoise qui consiste à se tourner vers son marché intérieur montre que la croissance se tassera dans les années à venir. De plus, la décarbonisation de l’économie devrait intervenir sur ce marché. Plusieurs pays ont annoncé vouloir mettre fin à leurs centrales thermiques au charbon dans les prochaines années. « Et comme si cela ne devait pas suffire, l’industrie maritime doit investir pour se conformer aux conventions internationales sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre en réduisant leurs émissions de Sox, de Nox, voire adapter leurs navires avec l’entrée en vigueur prochaine de la convention sur les eaux de ballast », continue l’étude du Bimco.

Un monde atomisé

En outre, le monde du transport maritime de vrac sec est fortement atomisé. Le Bimco note que seules quatre compagnies maritimes disposent d’une flotte de plus de 100 navires, et que la plus grande flotte représente à peine 4 % de la flotte totale, ce qui pèse peu par rapport aux autres secteurs maritimes. Ensuite, le marché fonctionne depuis de nombreuses années avec des intermédiaires comme les courtiers. Peu de compagnies disposent de contrats à long terme directs avec des chargeurs.

Les alternatives pour sortir de la crise préconisent en premier lieu de disposer de grands groupes de transport de vrac sec. L’avantage de disposer de groupes plus grands permet, selon le Bimco, de développer des relations directes avec les chargeurs sans passer par des intermédiaires. « Ils disposeront de la ressource pour offrir des solutions logistiques innovantes, flexibles et à valeur ajoutée. » De plus, avec leur force de frappe, ils seront en meilleure position pour négocier avec les chargeurs et rétablir quelque peu l’équilibre des taux de fret. Par ailleurs, pour les négociants en matières premières, cela signifie une réduction de leur nombre de fournisseurs. « Cela a été constaté avec les demandes pour des Valemax quand les miniers brésiliens ont négocié des contrats à long terme avec des armements comme Cosco, China Merchant Group ou encore ICBC », indique l’étude du Bimco.

Le second point sur lequel le marché devra s’entendre concerne la place des intermédiaires. Les courtiers font face à une situation économique difficile aujourd’hui. Le déséquilibre entre la demande et l’offre ne joue pas en leur faveur. De plus, les grands groupes de transport qui se créeront voudront conserver leurs relations avec les chargeurs sans passer par des intermédiaires tant pour les affaires au quotidien que pour les chantiers ou la démolition des navires. Le Bimco indique aussi que les chargeurs voudront également éviter de passer par un intermédiaire pour réduire les coûts. En traitant directement avec les armateurs, les miniers brésiliens ont commencé le mouvement. « Il n’y a pas longtemps, avant que la même décision ne soit prise au départ de l’Australie », note le rapport du Bimco. Peut-on alors parler d’une fin de vie pour le métier de courtier? Pour le Bimco, seuls les courtiers qui apporteront de la valeur ajoutée pourront rester dans la course. Et c’est ainsi que le digital peut apporter une solution pour les courtiers et faire évoluer ce métier vers de nouveaux horizons. À titre d’exemple, quand un industriel a pris l’habitude de charger des matières premières dans le même port sous des conditions standards, un portail pour présenter l’offre et la demande sera suffisant sans nécessiter l’intervention d’un courtier. De la même façon, les enchères pour acheter ou démolir un navire peuvent se faire au travers d’un site Internet. « Les courtiers qui apportent de la valeur ajoutée seront toujours utiles au marché, reconnaît le Bimco. Ainsi, ceux qui travaillent sur des petits vracs, hors des grandes routes traditionnelles, ont un rôle à jouer dans le futur. » Le marché connaît actuellement les premières évolutions et les courtiers d’hier ne sont déjà plus ceux d’aujourd’hui. Ils interviennent pour apporter des services supplémentaires comme consultants ou fournisseurs de données pour une grande variété de clients. Cette diversification des courtiers est engagée et devrait s’étendre. Le Bimco cite l’exemple d’une grande maison de courtage qui est entrée sur la formation.

Nouvelles alternatives de financement

Le monde bancaire doit aussi subir des changements. Si aujourd’hui, comme demain, les banques participent activement au financement des navires, il faut trouver de nouvelles alternatives pour le financement des biens. L’entrée en vigueur des règles de Bâle 3 a augmenté le coût du financement bancaire. Les nouvelles dispositions de ce système imposent plus de sûreté en matière bancaire. Des normes qui pourraient encore s’alourdir avec Bâle 4 et qui inciteront les banques à se tourner davantage sur le crédit aux particuliers. En outre, le coût du financement pourrait augmenter, ce qui signifie pour les plus petites compagnies maritimes qu’elles devront trouver de nouvelles solutions. Le Bimco évoque ainsi la possibilité de faire entrer au capital de leur société des investisseurs. Une solution qui leur permettra de disposer de liquidités et d’avoir, pour les investisseurs, un retour sur capital.

D’autres secteurs de l’industrie maritime seront touchés comme les chantiers navals. Ils vont souffrir du manque de commande mais devront plutôt se concentrer sur l’adaptation des navires en flotte face aux nouvelles technologies.

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