Au programme de la journée, une présentation du terminal roulier mais également des solutions douanières pour ce type de flux, suivies d’une visite sur le terrain. Ce marché de niche est devenu un véritable enjeu pour Haropa. Et les chiffres sont là pour le prouver. Aujourd’hui, près de 500 000 véhicules d’occasion transitent par le port d’Anvers pour être exportés à 57 % vers l’Afrique de l’Ouest, particulièrement au Bénin, un pays qui est devenu en quelques années une véritable plaque tournante de véhicules d’occasion. Et près de 80 % des automobiles qui transitent par Anvers proviennent directement de l’Ile-de-France. Haropa a donc décidé de se positionner rapidement sur ce marché, avec pour objectif dans un premier temps de capter 20 % des flux qui sont actuellement dirigés vers l’Europe du Nord, soit aux alentours de 100 000 véhiculées par an. Pour ce faire, des missions commerciales ont été organisées l’an dernier au Sénégal, au Ghana, au Togo et au Bénin.
En 2015, le terminal roulier du Havre a traité un volume de 40 000 véhicules d’occasion. Hervé Cornède, le directeur commercial et marketing d’Haropa, explique qu’une taxe poids lourds doit être mise en place en avril en Belgique. « C’est une nouvelle donne et il faudra la prendre en compte. » Une petite phrase qui en dit long sur cette volonté de capter les flux destinés jusqu’alors aux ports concurrents d’Europe du Nord. Pour réunir tous les acteurs concernés par la filière mais également pour mieux définir les besoins, un projet baptisé Ace (All Car Export) a été lancé par Haropa et l’Isel du Havre (Institut supérieur d’études logistiques). Ce travail associe les douanes, les entreprises de manutention, les dockers et les compagnies maritimes. Les acteurs du projet vont prochainement travailler sur le thème des législations des pays destinataires.
Pas de phénomène de congestion
« L’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest sont des trafics en pleine croissance à partir du Havre. Aujourd’hui, le terminal roulier du Havre, avec ses dix postes à quai, est le premier terminal français pour les véhicules neufs et nous souhaitons développer le véhicule d’occasion. Sa superficie est passée de 70 ha à 100 ha avec un système de flexibilité des surfaces. Nous sommes en capacité de mobiliser à tout moment des surfaces supplémentaires. Contrairement à nos concurrents, nous ne connaissons pas de phénomènes de congestion. Depuis 2014, le Grand port maritime du Havre a investi 800 000 € pour améliorer l’entretien du terminal. Autre avantage, le temps moyen entre la prise de pilotage et l’accostage au terminal est de 2 h 20 », explique Hervé Cornède. Parmi les compagnies maritimes qui se connectent sur l’Afrique de l’Ouest pour ce marché, on retrouve Grimaldi (avec un navire hebdomadaire tous les vendredis) et l’armement ERL. Également présents sur ce type de flux, Flota Suardiaz (Maghreb), EML (Grèce et Turquie) et Höegh Autoliners (Antilles, La Réunion, Moyen Orient).
Solutions douanières
Également invitée à l’opération portes ouvertes du 15 mars, Laurence Coredo, chef du pôle économique à la direction régionale des Douanes du Havre. La responsable a mis en avant les solutions douanières pour les véhicules d’occasion. Elle a expliqué que l’export de ce type de véhicules était relativement simple. Exemple, la démarche à l’export ne nécessite pas un changement d’immatriculation ni la détention de la carte grise originale. « La déclaration d’exportation peut également se faire vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept », ajoute Laurence Coredo. Pour avoir des informations complémentaires, les services des Douanes peuvent accéder au système d’immatriculation des véhicules (SIV). En juillet, sous l’impulsion du port, une note a été rédigée à tous les opérateurs. Les documents à l’export sont à fournir uniquement en cas d’un contrôle des services douaniers. « Si la vente à l’export se fait par l’intermédiaire d’un professionnel, les documents à fournir sont une copie lisible du certificat d’immatriculation et la copie de la facture. C’est tout », précise la responsable. « Notre vigilance se porte sur les véhicules volés ou servant à dissimuler des marchandises de contrebande. Mais la plupart du temps, ces véhicules sont dissimulés dans des conteneurs. Il faut également souligner que la réglementation douanière est la même dans tous les États membres. Si une procédure existe à Anvers, elle peut exister également ici. Nous restons toujours preneurs des idées qui consistent à simplifier les démarches », conclut-elle.