Le 4 février, Icis, l’un des leaders pour la fourniture d’informations sur les secteurs de l’énergie, de la pétrochimie et de l’agriculture, a publié ses « perspectives sur le marché du GNL en 2016 ». L’un des faits marquants de cette année devrait être les premières exportations américaines de GNL depuis le terminal méthanier de Sabine Pass. Annoncé initialement pour janvier, le premier chargement d’un navire dans ce terminal devrait finalement avoir lieu en février ou mars. La première cargaison pourrait être vendue sur le marché à court terme et délivrée au Brésil, selon les informations d’Icis. Les expéditions régulières sont programmées à partir de la seconde moitié de l’année. Les quatre trains de liquéfaction de Sabine Pass seront opérationnels à la mi-2017. Tous les autres projets de terminaux américains (Freeport LNG, Cameron LNG, Cove Point, Corpus Christi) avancent conformément aux calendriers prévus, précise Icis. Du côté de l’Australie, les exportations de GNL présentent des perspectives d’augmentation avec la mise en service programmée de quatre sites: Australia Pacific LNG, Gladstone LNG, Chevron’s Gorgon LNG et Chevron’s Wheastone. Les deux premiers sont installés au nord-est de l’île et devraient être opérationnels au cours du premier semestre. Les deux sites de Chevron, situés sur la côte Ouest, devraient réaliser un premier chargement de navire avant la fin 2016. Au total, la production australienne va doubler pour atteindre 40,9 Mtpa. Icis signale encore la mise en service du projet de Floating LNG (FLNG) de Petronas, en Malaisie, au premier trimestre.
Du GNL carburant en Europe
La demande de GNL devrait demeurer élevée en Inde qui devrait continuer à se fournir majoritairement sur le marché spot, indique Icis. Il devrait en aller de même en Chine, même si l’année 2015 n’a pas tenu toutes ses promesses en matière d’importation de GNL. Pour 2016, la situation va largement dépendre du 13e plan quinquennal chinois en mars qui doit décider ou non de la réalisation de plusieurs terminaux de réception de GNL ou de gazoducs à l’horizon 2020 dans le pays, poursuit Icis. Au Japon, la demande de GNL pourrait connaître un certain ralentissement, compte tenu du redémarrage déjà effectif ou programmé de plusieurs réacteurs nucléaires, relève Icis. À l’inverse, Taïwan devrait renforcer ses importations de GNL tout comme la Corée du Sud, l’un des destinataires du GNL américain de Sabine Pass et australien de Gladstone. En Europe, la croissance de la production mondiale de GNL pourrait entraîner un essor des livraisons de cargaison dans les terminaux, même si la prédominance des gazoducs va demeurer, estime Icis. Les fournisseurs américains ou asiatiques pourraient choisir de livrer des cargaisons en France ou au Royaume-Uni. Ce dernier pays, avec l’Italie, pourrait aussi être destinataire de GNL du Qatar. Les terminaux du nord-ouest de l’Europe pourraient concurrencer leurs homologues espagnols pour les rechargements de GNL.Icis signale la mise en service du terminal méthanier de Dunkerque en France avec un premier navire programmé en février. Ce nouveau terminal proposera dès le courant de 2016 la possibilité de recharger des navires et des solutions d’avitaillement à petite échelle. Pour Icis, le GNL comme carburant marin constitue d’ailleurs l’une des perspectives majeures de développement à long terme de cette énergie en Europe, compte tenu de l’entrée en vigueur de règles environnementales de plus en plus contraignantes pour les émissions de navires, non seulement depuis le 1er janvier 2015 mais aussi à l’avenir. Du côté du Moyen-Orient, le Qatar demeure un acteur majeur du GNL, offrant des opportunités sur le marché spot aussi bien du côté de l’offre que de la demande. Enfin, en Russie, l’extension de Sakhalin et la construction de Yamal se poursuivent conformément aux délais prévus et malgré les difficultés rencontrées suite aux sanctions qui compliquent les financements en provenance de pays étrangers.