Viia (SNCF Logistics) proposera à partir du 12 janvier un nouveau service de ferroutage entre Le Boulou (près de Perpignan) et le port de Calais, à raison d’un aller-retour quotidien, puis deux à partir de février, six jours par semaine. Destiné au transport de remorques non accompagnées, ce service sera complété par une desserte ro-ro vers « Douvres, un port au nord de la Tamise, pour éviter les embouteillages de Londres, et ailleurs », avance Jean-Marc Puissesseau, de la CCI Côte d’Opale, gestionnaire du port de Calais. Des négociations en cours entre Viia et des compagnies doivent aboutir avant le 23 octobre, date de l’inauguration du terminal ferroviaire sur le port du nord de la France.
Financé par le Conseil régional Nord-Pas-de-Calais et l’Europe, cet investissement de 7 M€ doit convaincre des chargeurs de rapatrier leurs flux sur le littoral nordiste. « L’objectif est de renvoyer ces remorques soit vers le réseau ferroviaire vers le sud de la France et l’Espagne, soit au nord vers le Benelux, soit encore par un navire fréteur vers la Grande-Bretagne », résume Jean-Marc Puissesseau.
Le terminal ferroviaire est implanté à deux pas du parc automobile que Gefco vient de quitter au profit de Zeebrugge pour y faire transiter les véhicules de PSA destinés au marché britannique. « L’augmentation des liaisons ro-ro fera que de plus grands logisticiens reviendront vers Calais », a récemment indiqué Jean-Louis Foissey sur une télévision régionale. Une vingtaine d’équivalents temps plein ont déjà été recrutés par sa société, Manutention et Logistique (M&L), pour assurer les opérations de chargement et déchargement des camions.
Première ligne mêlant maritime et ferroviaire
Viia Britanica est la troisième ligne opérée par Viia, après celles reliant le Luxembourg (Bettembourg) et Le Boulou depuis 2007 (Lorry Rail) et celle traversant les Alpes entre la France et l’Italie (Aiton-Orbassano) depuis 2003 (AFA). Mais il s’agit de la première qui mêle ferroviaire et maritime.
Viia, qui a déjà commercialisé les préréservations pour ce nouveau service, se veut « multiclients, de la grande distribution aux spécialistes de pièces automobiles ». Ses wagons peuvent transporter tous types de remorques, mais compte tenu du transit time (22 heures), le service n’est pas adapté à certains produits comme une partie des fruits et légumes à péremption rapide ou les animaux vivants.
Parmi les premiers clients de Viia Britanica figure le logisticien turc Ekol. Ce dernier avait lancé, il y a un an, un service ro-ro hebdomadaire entre Izmir et Sète (48 h, 180 remorques) et lance avec Viia, notamment pour le secteur automobile, une liaison ferroviaire entre le port de Sète et Noisy-le-Sec, près de Paris. De deux allers-retours par semaine mi-octobre, la fréquence doit passer à trois allers-retours par semaine « très rapidement », indique Thierry Le Guilloux, président de Viia.