À l'issue du troisième trimestre le trafic global du port scaldien était toujours en baisse de 19,1 % à 117 Mt. Les conteneurs étaient en recul de 17,4 %, les diverses conventionnelles de 37,8 %, tandis que les vracs secs et liquides ont enregistré un statu quo. Seul les trafics de conteneurs traités au MSC Home Terminal à la darse Delwaide se sont mieux comportés (-3%) qu'au Deurganckdok, qui cette année ne traiterait que 1 MEVP contre 1,8 MEVP. en 2008.
La plupart des secteurs de trafic sont en recul : produits forestiers - 42,1 %, fers et aciers - 44,5 %, roro - 30 % à 2,4 Mt. Le trafic des voitures s'est bien comporté. Certes le recul était de 24,5% à 546 000 unités, mais cette prestation est à comparer avec avec celle du premier port automobile européen Zeebrugge (-45 %). Dans les vracs, les minerais étaient en baisse de 64,1 %, situation qui s'explique par la fermeture de hauts fourneaux d'ArcelorMittal en Wallonie. Le charbon était également en recul de 35,3% et les engrais de 38%. Dans les vracs liquides les produits pétroliers ont progressé de 3% à 19 Mt. Par contre, le pétrole brut a reculé de 3,4 % et les produits chimiques de 9,1 %.
Cette situation incite l'autorité portuaire à réagir en organisant une concertation réunissant l'ensemble des acteurs de l'activité maritime et portuaire, y compris les syndicats, l'objectif étant de rendre le port beaucoup plus compétitif.
Les perspectives
Anvers vient de gagner en l'espace de quelques jours deux services atlantiques qu'exploite l'armement Maersk Line, ceci dans le cadre d'une rationalisation des activités que ce dernier mène sur cette route. Cela se traduit par une réduction de capacité hebdomadaire de 11 800 à 7 000 EVP. Le port scaldien sera touché prochainent en direct par les services TA1 qui aligne des unités de 4 500 à 5 000 EVP (un service pendulaire avec APL et MOL) et TA4, ce dernier service étant axé sur Montréal. L'armement danois a décidé de diriger vers Anvers un autre service que, l'AE2, qui opère entre l'Europe du Nord, l'Asie du Sud-Est, la Corée du Sud et la Chine. Anvers va intervenir en tant que dernier port de chargement - un tirant d'eau maximum de 14 m à la sortie étant autorisé - après Bremerhaven, Hambourg, Rotterdam et Felixstowe. Ce service est assuré avec dix unités de 8 500 EVP. La décision de Mærsk Line de mieux jouer la carte d'Anvers avec ces services n'est pas à mettre en rapport avec de soi-disant conditions particulières que le port aurait consenties en matière de droits de port dans le cadre d'une guerre tarifaire que se livreraient des ports du nord désireux de récupérer des trafics. Il s'avère que l'armement, comme d'autres d'ailleurs, réduit considérablement la vitesse de ses navires à 17/19 noeuds (économie de fuel) et ajoute des navires à ses services de sorte qu'il dispose de plus de temps pour desservir directement certains marchés. En outre, l'escale anversoise sera mise à profit pour s'attaquer au conventionnel/breakbulk grâce à des équipements spéciaux, dont des flat-racks.
Ces services seront traités au Deurganckdok terminal de PSA HNN où Mærsk Line dirige déjà son service Scan Med, le service KNSM vers le Maroc et un service vers la COA.
Autre nouvelle importante pour Anvers, de commun accord, les autorités flamandes et néerlandaises autorisent désormais les ULCS (ultra large containerships) à gagner et quitter Anvers avec un tirant d'eau de 14 m. Bonne nouvelle pour MSC. D'autres améliorations sont attendues.