La guerre des communiqués

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La colère gronde au sein des partisans du terminal méthanier du Verdon. La décision de la part du directoire du Grand port maritime de Bordeaux, sous la pression du gouvernement, de ne pas renouveler la convention foncière de 4Gas pour des raisons écologiques, fait grincer des dents. Après une série de démissions, cet été, notamment des membres du Conseil de développement du GPMB, la communauté portuaire clame une indignation qui a redoublé face aux récentes déclarations de Dominique Bussereau. Ce dernier, dans un communiqué du 3 septembre, incite en effet le GPMB à prospecter de nouveaux investisseurs pour le Verdon dans des filières porteuses, tout en lui assurant le « soutien » de l'État. Une autre déclaration du secrétaire d'État sur la radio France Bleu Gironde, début septembre, a mis également le feu aux poudres. Il y assure que le projet méthanier n'est pas « un projet portuaire mais un projet industriel Seveso qui n'a pas sa place à l'entrée d'un estuaire naturel » et que « ça fait longtemps que le port de Bordeaux aurait pu penser à d'autres études pour le Verdon ». La guerre est dès lors franchement déclarée. Les membres du Syndicat indépendant des cadres du port, dont cette proposition de « soutien » reste en travers de la gorge, ne mâchent plus leurs mots. Ils se disent « surpris qu'après sept années passées à la tête des ports français, le secrétaire d'État ignore encore qu'il existe des zones industrielles portuaires et que le port de Bordeaux a déjà réalisé nombre d'études pour attirer des investisseurs au Verdon depuis 30 ans (zone franche douanière, projet Elf, projet Geovia notamment). Quant à dire que le méthanier n'est pas un projet portuaire alors qu'il devrait entraîner une augmentation de 25 % du trafic portuaire bordelais, cela le laisse sans voix ». Dans un autre communiqué, ils dénoncent un secrétaire d'État « bafouant les nouvelles règles de gouvernance », « reniant le projet stratégique approuvé en avril dernier », « privant la région de 700 Me d'investissement et de plusieurs tonnes de trafic », « exposant le port au recours juridique de 4 Gas et à des pénalités financières » tout en évoquant la remise en cause de la crédibilité du port auprès d'éventuels nouveaux investisseurs. Dans un courrier envoyé au préfet de Gironde, l'Union Maritime et Portuaire de Bordeaux, elle, se disant très « choquée », évoquait cet été « un simulacre de démocratie en restaurant une forme de tutelle de l'État que nous croyions révolue ».

Parallèlement, les politiques sont entrés dans la danse. Le 1er septembre, Vincent Feltesse, président de la Communauté Urbaine de Bordeaux, a ainsi rencontré à la capitainerie de Bassens les différents représentants de la communauté portuaire : « J'ai retenu l'unanimité des positions, soit une incompréhension. Le terminal méthanier, dans le cadre de la réforme, faisait partie du plan stratégique de développement du port. On ne peut pas se payer le luxe de ne pas étudier le projet à fond », a-t-il déclaré, regrettant « le véritable coup de force du gouvernement ». Auparavant, d'autres responsables politiques avaient officiellement pris position en faveur de cet investissement : Alain Juppé, ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, Michèle Delaunay, députée PS de la Gironde, Xavier Darcos, ministre du Travail. À quand la contre-attaque ?

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