Totalement disparu du paysage brestois, le trafic de charbon a fait son retour l’an dernier. Et, à l’initiative de la CCI, il peut y retrouver une petite place pérenne cette année. Tout est parti des serristes de l’hinterland brestois qui continuent à chauffer leurs serres avec ce combustible solide. Pour satisfaire leurs besoins, la société Manuport, filiale de Fauveder, avait obtenu de la préfecture une autorisation provisoire de stocker 3 500 t en 2007. La demande se maintenant, la CCI a pris le relais et a fait une demande portant sur un stockage permanent de 4 500 t, afin d’installer ce trafic de manière pérenne. Les conclusions de l’enquête publique en cours devraient être connues en fin de semaine et pourraient alors amener un trafic montant jusqu’à 8 000 t.
Des associations écologistes n’ont pas manqué de s’élever contre le stockage de ce combustible « polluant et d’un autre âge », accusé de tous les maux. À cette levée de boucliers, la CCI répond de façon argumentée. « En provenance de Colombie, ce charbon est lavé à Rotterdam avant de gagner Brest par caboteurs, explique Hervé Thomas, directeur des équipements, les 3 500 t stockées l’an dernier près du terminal de France Télécom n’ont pas donné lieu à des remarques d’envol de poussière de charbon sur la coque toute blanche du câblier qui y est amarré ». De plus, les taux d’hydrocarbures contenus dans les eaux de ruissellement étant dix fois inférieurs aux taux légalement admis, les rejets pourraient directement rejoindre la mer. « Mais ils sont renvoyés vers la station d’épuration collective », souligne Hervé Thomas en enfonçant le clou: « Si ce charbon était livré par camions, 280 t de CO2 seraient rejetées dans l’atmosphère. Par bateau, c’est 50 t seulement… »