Jean-Claude Terrier: « le projet stratégique n’est pas une lettre au Père Noël »

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Le premier non-ingénieur et énarque de l’établissement s’en est tenu au strict rappel des textes législatifs sur la prochaine organisation du GPMM: un directoire de quatre membres qu’il devrait présider; un conseil de surveillance de 17 membres, dont cinq représentants de l’État, trois des personnels de GPMM, quatre des collectivités territoriales et cinq personnalités qualifiées dont une de la CCI MP; un conseil de développement de 40 membres, dont 30 % représentants de la place portuaire, 30 % des personnels des entreprises portuaires, 10 % des collectivités territoriales et 30 % de personnalités qualifiées intéressées au développement du port.

Une triple stucture

Seuls commentaires de Jean-Claude Terrier, la triple structure de gouvernance qui implique 61 personnes, au lieu des 26 du conseil d’administration, offre « un système plus clair » et « une vue plus élargie ». Il permet aussi « une représentation accrue de l’État qui de trois sièges au conseil d’administration passe à cinq dans le conseil de surveillance, un rééquilibrage qui n’apparaît pas malsain ». Les responsables marseillais qui demandaient une réforme portuaire, parce qu’ils trouvaient qu’il y avait trop de Paris pour influer sur le destin de Marseille-Fos, apprécieront.

Voltaire n’aurait pas mieux dit…

Mais pour l’instant tout va bien dans le presque meilleur des mondes. Les négociations avec les représentants des salariés pour leur futur versement dans le privé se déroulent à Paris. C’est à partir de l’accord-cadre national qui doit être signé avant le 31 octobre que les lignes locales devront bouger. « Il faudra laisser un peu d’oxygène au dialogue local », concède le directeur du GPMM. « La loi dit que nous avons deux ans pour appliquer l’intégralité de la réforme. C’est un jeu à trois avec les entreprises qui vont accueillir les personnels transférés. Il serait étonnant que Marseille soit le port qui aille le plus vite ».

Réponses attendues

Il faudra attendre moins longtemps, deux mois, pour connaître le contenu du plan stratégique, qui fixera les grandes orientations portuaires pour les cinq ans à venir. « Ce projet n’est pas une lettre au Père Noël », se plaît à répéter Jean-Claude Terrier à ses cadres. On n’en saura pas plus. À quel niveau sera l’aménagement de la forme 10 bloqué actuellement en cassation par l’établissement? La réponse est dans le camp de la justice. Et quid de l’ouverture de la grande digue pour réaliser un grand pôle croisières à l’entrée du Vieux-Port? « Il faudra préciser l’aspect financier. Aujourd’hui, ce serait fanfaronner que de s’exprimer à 50 M  près. Notre but sera de resserrer les dents de la fourchette entre 600 M  et 1 Md  ». Sans doute parce que le morceau sera dur à avaler…

GPMM ou le port de la communication

« GPMM, la dénomination ne soulève pas l’enthousiasme généralisé », reconnaît le nouveau patron de l’établissement portuaire avant de corriger: « Personne n’a trouvé mieux. ». Au papier à en-tête qu’il faudra changer, viendra s’ajouter une nouvelle signature. « On essaiera de faire vivre une marque commerciale plus attractive et plus conforme à notre mission de promotion de la place ». Il pourra toujours s’inspirer de son prédécesseur, Guy Janin, qui avait créé le concept de « Marseille-Fos, le port de tous les talents ». Surtout celui de la communication, en vingt ans les plans pour se donner une bonne image n’ont jamais manqué sur le port.

Jean-Claude Terrier, un CV très Intérieur

Il l’affirme lui-même, il n’a pas une grande expérience portuaire. Nommé en mars 2004 comme directeur général du PA de Dunkerque, le diplômé de l’IEP Paris et de l’ENA avait eu auparavant un plan de carrière qui ne le préparait pas au maritime. À ses débuts, en juin 1979, il choisit le ministère de l’Intérieur et le corps préfectoral, puis devient chef du cabinet du ministre des Postes et Télécommunication avant de gagner le privé: filiale de La Poste, groupe Moniteur des Travaux Publics et complexe touristique en Haute-Savoie). En février 1996, il réintègre le ministère de l’Intérieur en qualité de directeur de la circulation, des transports et du commerce, à la préfecture de police.

L’établissement ne craint pas la crise

« Chute de trafics liée à la situation sociale, repli des conteneurs affectable à une situation plus générale, il n’y a pas de raison logique pour que le trafic conteneurs échappe à la crise. 2008 sera une année atypique », annonce Jean-Claude Terrier. Cela affectera-t-il l’équilibre des comptes de l’établissement? « L’équilibre n’est pas déterminant. Le point d’atterrissage ne sera pas celui qu’on avait espéré et programmé au début de l’année. » La crise des crédits pourrait-elle remettre en cause les investissements de l’établissement? « Notre signature d’emprunteur est au premier niveau. Nous n’avons pas de souci à convaincre nos banquiers que nous sommes un bon risque et qu’il nous fera de bonnes conditions. »

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