Le port de Séville a connu son heure de gloire à l’époque de l’Empire espagnol des Amériques, puis vint l’heure du déclin pendant plusieurs siècles. Au début du troisième millénaire, des investissements devraient accroître de façon substantielle la capacité de l’unique port fluvial espagnol et ouvrir de nouvelles perspectives en termes de trafics.
Le principal projet en cours est la construction d’une nouvelle écluse de 250 m de long et de 35 m de large. Complétée par le dragage du fleuve Guadalquivir à une profondeur de 8 m, elle devrait permettre l’accès de navires de plus grande capacité: jusqu’à 9 000 t brutes à pleine charge (contre 6 000 t maximum actuellement). L’investissement estimé dépasse 200 M€ et la mise en service est prévue pour la fin 2009.
La construction de la nouvelle écluse a stimulé d’autres projets d’investissements dans l’enceinte portuaire. Le 24 avril, le conseil d’administration de l’Autorité portuaire de Séville (APS) a adjugé la concession du deuxième terminal à conteneurs au groupement temporaire d’entreprises (UTE) Batan réunissant Terminales Marítimas de Sevilla, Termisur Eurocargo et Millar y Cía.
La concession est située sur le quai du Centenaire. La superficie prévue est de 49 724 m2 et le groupement s’est engagé à investir 14 M€. Le nouveau terminal sera équipé de deux grues portainer type panamax de Paceco (40 t) et de trois reach staker de 45 t. Le trafic pendant la première année devrait atteindre 450 000 t (60 000 EVP). L’APS estime que cet investissement permettra de doubler la capacité de manutention de conteneurs du port.
L’entrée en service du deuxième terminal permettra d’assurer les trafics sur les lignes suivantes: Séville-Canaries (avec les navires OPDR Canarias, OPDR Andalucía et Clara-del-Mar), Séville-Nord de l’Europe (avec OPDR Porto et Hanseatic Suam) et Séville-Casablanca (Lucía-del-Mar).
Le troisième projet est l’extension de la zone d’activités logistiques (ZAL). Le contrat de concession pour la construction et l’exploitation de la ZAL II a été adjugé en décembre 2007 à la société catalane Abertis Logistica, qui contrôle l’opérateur de la ZAL actuelle (ou ZAL I), Sevisur Logistica (60 % du capital). Le cahier des charges prévoit la création d’un espace supplémentaire de 18,5 ha qui viendra s’ajouter aux 35,5 ha existants de la ZAL I, actuellement saturée. La superficie destinée aux bâtiments de logistique dans la ZAL II devrait représenter 107 000 m2. L’investissement prévu est de 60 M€ sur six ans. L’APS est directement impliquée dans les investissements logistiques puisqu’elle est actionnaire de Sevisur Logistica. Le 24 avril, le conseil d’administration d’APS a officialisé sa décision de souscription de sa quote-part dans l’augmentation de capital de Sevisur Logistica (2,2 M€). L’APS maintiendra ainsi une participation de 10 % au capital de l’entreprise.
Au total, il s’agit d’un vrai « relookage » du port de Séville qui lui donnera un atout supplémentaire. Bien connecté à Madrid et au centre de l’Espagne, proche d’un Maghreb en pleine expansion commerciale, le port dispose d’un avantage exceptionnel dans le contexte espagnol: tous les terminaux sont connectés au réseau ferroviaire espagnol. Le trafic de conteneurs, bien que modeste, est en croissance permanente: il a atteint 135 000 EVP en 2007 (+ 10,4 % par rapport à 2007 et deux fois le chiffre de 1998: 66 000 EVP). Même si Séville ne pourra jamais rivaliser avec les grands ports internationaux, les opérateurs locaux restent convaincus qu’ils ont une carte à jouer. Les travaux en cours leur en donneront en tout cas les moyens.