Les armements de ferries pourraient abandonner l’escale de Lübeck si le conflit avec les dockers perdure. Fin février, le syndicat Verdi a en effet entamé des grèves perlées, en vue d’obtenir la garantie du maintien de l’emploi en cas de cession d’une partie du capital du port municipal. Pendant deux semaines, plusieurs armements de ferries avaient alors envoyé leurs navires vers d’autres ports. Ainsi, l’allemand TT-Line avait dérouté les siens sur Rostosck et le suédois Stena Line et le danois DFDS avaient fait escaler les leurs à Kiel, principal concurrent de Lübeck. « En tant que maillon d’une chaîne logistique, nous ne pouvons travailler dans l’incertitude d’un mouvement social suspendu au-dessus de nos têtes, au risque de perdre nos propres clients », a déclaré le porte-parole de l’un d’eux le 10 mars.
Grand port européen de ferries et porte d’accès majeure aux trafics rouliers et de papiers scandinaves, Lübeck traite environ 800 000 camions et remorques par an. Le conseil municipal n’a pas donné d’indications sur les pertes financières subies par le port pendant le mouvement social. « Nous pensons que la situation géographique du port et ses performances passées nous permettront de maintenir notre croissance », a seulement indiqué son porte-parole.
Le 4 mars, la ville de Lübeck a accepté de céder 25,1 % du capital du port à RREEF, filiale de la Deutsche Bank pour les investissements, pour 24,8 M€. En outre, RR EEF s’est engagé à investir 6 M€ de plus dans le développement du port.
Le 5 mars, un tribunal a ordonné aux dockers de mettre un terme aux grèves. Le travail a repris et les ferries sont revenus. Mais pour Verdi, l’affaire n’est pas réglée. « Nous faisons appel de la décision du tribunal d’interdire les grèves, a déclaré son porte-parole, nous recherchons un moyen légal pour bloquer la vente effective de la participation. »