Vu d’avion, c’est l’anomalie de Port 2000. On pourrait en sourire, mais sur le terrain, c’est un véritable casse-tête qui bloque une partie du développement ferroviaire des terminaux. De quoi s’agit-il? Précisément, de deux bacs de pétrole. Propriété de la Compagnie industrielle et maritime (CIM), la société qui gère le stockage de pétrole dans le port du Havre et Antifer, ces deux immenses bacs métalliques sont construits depuis des années au sud du site industriel de la CIM. Mais sur un plan, ils ne se trouvent pas dans l’alignement des dizaines d’autres bacs et forment comme un appendice pénétrant sur les terminaux voisins, ceux de Port 2000. Terminal de France (GMP-CMA-CGM) n’est pas gêné par cet appendice situé plus à l’ouest de ses installations. Le nouveau terminal Porte Océane (TN-Mærsk) a dû s’en accommoder tant bien que mal. Mais ce sont les futurs terminaux, qui constituent la seconde phase de Port 2000, qui seront les plus pénalisés. La raison est simple: les fameux bacs empêcheraient un développement et un prolongement de l’actuel faisceau ferroviaire à Port 2000. Récemment en visite sur le site après avoir été sollicité pour financer de nouveaux équipements portuaires privés, Alain Le Vern, le président du conseil régional de Haute-Normandie, s’est ému de cette situation à l’heure où le transport de fret par la voie ferrée doit devenir, selon lui, « une priorité ». La solution? Il faudrait déplacer les deux bacs. Mais à l’époque de la construction des tout premiers terre-pleins de Port 2000, ce projet avait été abandonné pour une question de coût. La CIM était certes d’accord pour déménager ses bacs, mais qui réglait la facture? Faudra-t-il aujourd’hui reprendre le chantier?
Les Ports
L’appendice de Port 2000
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