Armateurs de France: merci pour tout, mais le compte n’y est pas encore

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Après avoir rendu hommage à Yves Perrin et à Alexis Gourvenec, Eudes Riblier, nouvellement élu à la tête de la "tribu" armatoriale française passait par la case remerciements durant son premier discours: merci pour les aides diverses accordées aux armateurs installés en France et celles accordées au pavillon.

Mais même si les armateurs de ferries confrontés à la concurrence internationale ont enfin obtenu l’exonération des charges ENIM, cela ne suffit pas pour compenser le différentiel de coûts avec des équipages lettons ou asiatiques. "Je dois cependant redire que seule la mise en place complète du salaire net, tel qu’autorisé par les orientations communautaires sur les aides d’État au transport maritime et tel que recommandé par le rapport du Conseil supérieur de la marine marchande sur l’emploi et la formation, mettraient nos navigants dans une situation de compétition raisonnable avec leurs homologues européens." Outre que ce message permet de bien percevoir le degré de distanciation qui peut exister entre une compagnie maritime et les navigants qu’elle utilise, on peut se demander à qui il s’adressait. En effet, pour des raisons de tradition républicaine, à la veille d’élections nationales, ni le ministre, ni son directeur de cabinet n’honoraient de leur présence le dîner annuel d’Armateurs de France.

Si les compagnies françaises soutiennent "globalement" le paquet Erika-3 sur le renforcement de la sécurité maritime, certaines de ses dispositions sont qualifiées de "contre-productives" comme l’extension de la convention d’Athènes relative au transport maritime des passagers et de leurs bagages.

Audacieux, Eudes Riblier soulignait que plusieurs compagnies françaises se préparaient "très activement" à participer au développement d’un "vrai dispositif d’autoroutes de la mer". Il faut également "sans tarder" mener à son terme une "indispensable réflexion" sur la formation des navigants et l’attractivité de leurs métiers.

PRIORITÉ AU TMCD

Après la "décoiffante" expérience ferroviaire de l’après-midi, Jacques Barrot, vice-président de la Commission chargé des transports remerciait lui aussi les armateurs français pour leur soutien au paquet Erika-3 qui constitue un "ensemble de mesures cohérentes".

Mais la "priorité" affirmée concerne le transport maritime à courte distance (TMCD) qui "conserve un potentiel pour porter à un haut niveau de qualité la chaîne de transport intermodal « porte-à-porte »".

Pour ce faire, il convient de diminuer également les "coûts administratifs découlant de contrôles successifs dans des échanges commerciaux (et maritimes) pourtant purement intracommunautaires". Le transport maritime doit être traité comme le transport routier du point de vue douanier par exemple, estimait Jacques Barrot ajoutant: "J’ai prévu de développer ce thème, en 2008 dans le contexte d’un Livre blanc sur un espace maritime européen commun". Vaste sujet. Pour faciliter le développement tant annoncé des autoroutes de la mer, un "coordinateur" sera prochainement nommé par Jacques Barrot.

Il rappelait que si la Commission a pu contribuer, dans un passé récent, à une action de promotion des carrières maritimes, "c’est évidemment surtout sur l’industrie que repose la responsabilité d’attirer les jeunes dans ce secteur".

Pour conclure, deux ans après sa nomination, Jacques Barrot rassurait son auditoire en ces termes: "j’ai pris réellement conscience de l’importance du transport maritime". Yes!

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