La reprise du port de Marseille laisse les patrons amers

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Les salariés des terminaux pétroliers ont repris leurs postes de travail samedi 31 mars dans l’après-midi. Suivant un ordre défini avec les clients, les premiers des 59 navires bloqués sur rade, dont 36 pétroliers (17 chargés de produits raffinés et 19 de pétrole brut), ont pu accoster. 26 navires (10 chimiquiers, 1 gazier et 15 pétroliers) ont été traités dans le week-end. Dix à quinze jours devraient être nécessaires pour revenir à la normale; le déchargement d’un pétrolier demandant de 24 à 36 heures.

Il a fallu dix heures de négociation à la préfecture entre GDF, le Port autonome de Marseille (PAM) et la CGT pour aboutir à un protocole d’accord, le 3e depuis le début du conflit, accepté en assemblée générale. Il prévoit que cinq agents du PAM (équivalent temps plein) travaillent sur l’ensemble du terminal méthanier de Fos-Cavaou. Les détails restent à négocier, mais le conflit s’achève par un succès de la CGT bien que ses responsables n’emploient pas le terme. "Il faut un équilibre entre les emplois publics et privés. C’était l’objet de notre lutte", préfèrent-ils souligner, alors que le projet de GDF "était l’application de la privatisation sur le port". Ils rappellent que "les véritables responsables du conflit sont ceux qui détiennent les pouvoirs de décisions et refusent de prendre en compte les revendications des salariés portées par la CGT".

La grève la plus longue enregistrée par le PAM depuis 1992, s’est achevée par un revirement de position de la direction de GDF et des pouvoirs publics. Le préfet de région, omniprésent dans les négociations, s’est fait discret lors de la conclusion, devoir de réserve oblige. La rumeur a vu dans ce dénouement l’intervention de Matignon inquiet de voir se profiler une pénurie de pétrole. Le contexte de la campagne des présidentielles entrée dans sa dernière ligne droite doit également l’expliquer.

DES PERTES CONSIDÉRABLES

Pour l’instant, Marseille-Fos panse ses plaies et compte ses bosses. Les dégâts financiers sont considérables. Pour Christian Garin, président du PAM, "les conséquences de ce conflit, mais aussi les conditions dans lesquelles la grève s’est terminée, risquent de dévaloriser l’image du port et de handicaper son avenir". Il a appelé "les agents et des dirigeants du PAM à se mobiliser à nouveau pour que l’ensemble de l’activité portuaire retrouve sa sérénité et son efficacité au service des clients du port".

Le ton dans les milieux patronaux est plus amer. Logique avec leur position tout au long du conflit, ces partisans de la privatisation des infrastructures portuaires ont condamné la capitulation de GDF. "L’État condamne l’avenir du port pour acheter une paix sociale de courte durée", regrette Stéphane Brousse, président du Medef des Bouches-du-Rhône. Autre acteur de poids, Jacques Saadé expose dans le quotidien Le Monde que "tout est à recommencer. Le handicap majeur du port demeure son instabilité sociale et la faible performance de ses installations. […] Le port de Marseille est avant tout un port de distribution régional avec un arrière-pays plus limité que le port du Havre. Marseille, dans le circuit du commerce international, est devenue une déviation. Ce n’est plus un point de passage obligé pour les navires." Pour le 3e transporteur mondial de conteneurs pour qui Marseille-Fos ne représente que 3 % de son activité, "la privatisation des terminaux est la meilleure solution. Il faut suivre l’exemple de tous les grands ports européens". Il dispose d’à peine plus de deux ans pour concrétiser ses propos avec Fos 2XL dont il est le premier opérateur.

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