La Marine nationale a détaillé l’assistance apportée au porte-conteneurs britannique MSC-Napoli, pris dans une tempête à la limite des eaux britanniques et françaises.
Lors d’un point de presse au ministère de la Défense le 25 janvier, le capitaine de vaisseau Jérôme Erulin a dressé le bilan de l’action de la Marine nationale:
• 32 h 30 de vol pour l’avion de surveillance Falcon 50 et les hélicoptères Super-Frelon et Lynx;
• 560 heures de mer pour les remorqueurs d’intervention, d’assistance et de sauvetage Abeille-Liberté et Abeille-Bourbon, les bâtiments de soutien, d’assistance et de dépollution Argonaute et Alcyon, tous affrétés par la Marine nationale, et le bâtiment militaire de soutien de région Elan.
Dans la matinée du 18 janvier alors qu’il se trouvait à 100 km au nord de l’île d’Ouessant, le MSC-Napoli avait lancé un appel de détresse, capté par le Cross Griz-Nez. Il avait aussi signalé une fissure de 1,5 m de long sur sa coque au niveau de la salle des machines. La préfecture maritime de l’Atlantique avait alors mis en œuvre d’importants moyens aériens et maritimes.
L’équipage, qui avait évacué le navire et se trouvait dans des canots de survie, avait été recueilli par trois hélicoptères britanniques Sea-King. Une équipe française d’intervention (marins-pompiers et plongeurs) avait alors été hélitreuillée à bord du MSC-Napoli pour préparer son remorquage par des unités françaises jusqu’à la côte britannique du Devon. Enfin, une pollution irisée de 2,4 km2 avait été constatée. Les autorités britanniques gèrent maintenant le déséchouage du navire.
POMPAGE DES SOUTES
L’enlèvement des conteneurs du MSC-Napoli prendra plusieurs mois et son déséchouage pourrait durer un an. Le pétrolier Forth-Fisher a déjà vidé les soutes des réservoirs bâbord et a commencé à pomper celles de tribord. L’opération est lente, car le MSC-Napoli a beaucoup de gîte. Selon la Maritime and Coastguard Agency (MCA) 103 conteneurs sont passés par dessus bord dont 47 n’ont pas encore été retrouvés, certains ayant pu couler. Les conteneurs échoués sont nettoyés et en cours d’enlèvement. Mais une grande partie d’entre eux ont été fracturés. Les gens viennent sur la plage prendre tout ce qu’ils peuvent emporter. Selon la MCA, ces vols constituent un dommage de 800 % supérieur à l’incident en tant que tel. La grue flottante néerlandaise Bigfoot, placée le long du MSC-Napoli procède au désarrimage des conteneurs s’y trouvant.
Un nouveau directeur général pour la MCA
Peter Cardy a été nommé directeur général de la Maritime and Coastguard Agency (MCA). Il succédera en mai à John Astbury, issu de la MCA et qui partira en retraite. Ce dernier avait remplacé l’an dernier le commandant Stephen Bligh, venu de P & O Nedlloyd, mais qui avait démissionné au bout de quelques mois à l’issue d’un conflit avec le Public and Commercial Services Union, principal syndicat de l’organisme. La MCA résulte de la fusion, difficile, entre les services d’inspection maritime et des gardes-côte.
Peter Cardy a effectué l’essentiel de sa carrière dans des institutions charitables. Il suit actuellement un programme de formation pour combler son manque d’expérience du monde industriel et des syndicats. Soucieux d’améliorer le transport maritime britannique et de maintenir le niveau des secours en mer, il compte notamment visiter plusieurs centres de la MCA et participer à des veilles pour se familiariser avec les tâches des divers personnels. Sur le plan international, il assurera notamment la liaison avec l’OMI. M.T.