CMN-SNCM: mariage de raison après divorce à l’italienne

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Quinze jours avant le dépôt des dossiers de candidature à la délégation de service public pour la desserte maritime de la Corse par Marseille, un protocole d’accord a été signé entre la CMN et la SNCM "pour l’élaboration d’une réponse commune". Dans un communiqué publié le jour même, le 26 janvier, la direction de la CMN indiquait que "les deux compagnies se sont rapprochées et ont estimé que l’union de leurs moyens respectifs pouvait présenter un intérêt pour la Collectivité, les passagers et les transporteurs routiers".

La nouvelle de la remise en ménage d’un couple qui pendant 30 ans s’est partagé le service sur l’île de Beauté, n’a pas surpris grand monde. Tout poussait au remariage de raison. En décembre, les compteurs avaient été mis à zéro par le Conseil d’État qui avait annulé la procédure de passation de l’appel d’offres. Le cahier des charges de l’appel d’offres pour la DSP penchait pour une réponse globale. Les salariés des deux compagnies faisaient pression sur leurs directions. Une dernière décision de justice avait tranché pour un statu quo dans la commande de la CMN.

LE CONTRÔLE DE LA CMN, UN ENJEU RÉEL

Car plus que sur la desserte de la Corse, le réel affrontement entre les deux compagnies portait sur le contrôle de la CMN. Le conflit entre les deux directions datait bien avant de la privatisation de la SNCM qui a crevé l’abcès. Lors de sa recapitalisation par l’État, en 2003, l’actionnaire principal de la CMN, le groupe de logistique et de transport STEF-TFE, avait déjà pensé devenir seul maître à bord de la CMN. Les rapports se sont rapidement envenimés jusqu’à conduire les deux parties devant les tribunaux pour savoir qui avait la légitimité de diriger.

Aujourd’hui, les deux parties ne veulent plus évoquer cette période, ni ce qu’adviendra les recours déposés l’une contre l’autre devant les instances judiciaires. L’heure est à la paix du ménage. L’accord prendra la forme d’un "regroupement momentané d’entreprise", et "s’inscrit dans la continuité de ce qui existe depuis 2002 sans conditions annexes ou préalables", indique Gérard Couturier, président du directoire de la SNCM. Pour la CMN, "l’accord est fondé sur l’indépendance et l’identité commerciale de la CMN. Il s’inscrit pleinement dans les objectifs poursuivis par La Méridionale, de se développer avec une flotte renouvelée et de placer le client au cœur de son métier".

Après avoir joué tout au long de l’année dernière des scènes dignes de divorce à l’italienne, les deux compagnies regardent aujourd’hui dans la même direction: le 9 février, dépôt des candidatures et avril, publication des résultats pour la DSP. Au grand dam de la Corsica Ferries qui pensait avoir enfoncé un coin définitif dans le couple.

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