Le 18 janvier, le président du Conseil régional Nord-Pas de Calais, Daniel Percheron, a réuni les présidents des deux CCI et les présidents des communautés d’agglomération de Boulogne-sur-mer et Calais. Ces deux ports sont propriétés de la Région depuis le 1er janvier.
Le but de la réunion était de préparer la conférence portuaire régionale proprement dite, promise par Daniel Percheron en octobre dernier. Cette large instance d’écoute doit permettre à la région de fixer, si possible, des règles à la concurrence entre les ports nordistes, avant tout sur le terrain du transmanche. La conférence aura lieu à Boulogne avant le 30 mars. Elle accueillera les partenaires sociaux et le port de Dunkerque sera convié. La conférence traitera des enjeux suivants: comment la Région peut-elle éviter de favoriser un opérateur transmanche contre un autre, par le biais de ses subventions aux installations portuaires? L’autorité portuaire peut-elle imposer des droits de ports qui ne favorisent aucun site, donc aucune compagnie par rapport à l’autre?
Pour SeaFrance, le brûlot vient de la montée en charge d’une part de l’opérateur low cost Speedferries depuis Boulogne et, d’autre part, de celle de Norfolkline depuis Dunkerque. La compagnie craint aussi l’implantation prochaine d’autres opérateurs à bas coût, tant sur le terrain du fret que sur celui des passagers. "On ne peut à la fois prôner la complémentarité entre les trois ports et une politique de diversification consistant à se diversifier sur les mêmes créneaux", a commenté le président de la CCI de Calais, Jean-Marc Puissesseau lors de son message de voeux. De son côté, le président du port de Dunkerque, François Soulet de Brugière, avait affirmé le 5 janvier dernier "ne pas être favorable à une spécialisation des ports".
Les Dunkerquois prennent position
Réunie le 29 janvier à la Communauté urbaine de Dunkerque, la Conférence portuaire locale a pris position sur une éventuelle invitation – qui ne lui a pas encore été confirmée, du président du Conseil régional à participer à une conférence portuaire régionale convoquée avant le 30 mars prochain. “Nous voulons d’abord nous en tenir à une vision économique des ports, sans intrusions de querelles politiques. C’est le cas à Dunkerque depuis que notre conférence existe. Chacun s’y exprime pour résoudre les problèmes qui peuvent entraver notre développement. Nous repoussons également l’idée de spécialisation des ports. À chacun de faire valoir ses atouts”, commente Jean Deweerdt, maire-adjoint de Dunkerque, président de la conférence portuaire locale, soutenu, entre autres, par le secrétaire général du syndicat docker, la CSOPMI.
A.S.