Rokia-Delmas: une course contre la montre

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Confiées aux Abeilles Internationales par la préfecture maritime de l’Atlantique, les opérations de première urgence ont consisté à éviter tout risque de pollution par hydrocarbures (fioul et gazole contenu dans les réservoirs du navire). Supervisées par le commandant Charles Claden, nommé en l’occurrence "senior salvage master", ces opérations ont été menées à bien, le navire ne conservant que le gazole pour les groupes assurant l’éclairage de secours et les lubrifiants d’étambot et d’appareil à gouverner.

Plus ardue, la deuxième phase a démarré le 8 novembre avec la récupération des conteneurs chargés en pontée. Une opération assez délicate au vu de la gîte du navire. "Nous ne pouvons pas nous permettre de jouer avec la sécurité des intervenants", a tenu à souligner le Préfet maritime, Xavier Rolin, lors d’une conférence presse tenue à Brest le 9 novembre. Le Rokia-Delmas contient 387 boîtes et la barge-grue Missing-Link, ancrée à proximité et amarrée au porte-conteneurs, ne pouvait travailler qu’au rythme d’une quinzaine de conteneurs par jour, avec de surcroît un gros point d’interrogation sur les 40′. Et l’opération sera d’autant plus difficile et longue que tous les conteneurs ne sont pas directement accessibles. "Nous ne savons pas encore si on pourra les décharger par la porte arrière du navire ou si un découpage du pont sera indispensable", admettent les autorités. À ce jour, 197 conteneurs ont été débarqués, dont 168 vingt-pieds et 29 quarante-pieds. La météo, très défavorable, a contraint tous les personnels et tous les matériels à se replier sur La Rochelle, au moins jusqu’au 19 novembre.

LE TEMPS EST COMPTÉ

Aidées par les experts néerlandais de Smit International Salvage, les équipes des Abeilles Internationales (une cinquantaine de personnes au total) font ainsi de leur mieux pour alléger au plus vite le Rokia-Delmas des 8 000 t de fret qu’il transporte (conteneurs, cacao, résidus de métal et ballots de bois). Mais, même si les équipes sur zone arrivent à débarrasser le navire de tout son fret (le porte-conteneurs a été ballasté pour le rendre moins sensible aux mouvements de houle), les experts s’accordent à évaluer à 10 000 t le poids de l’eau entrée par les brèches. Ce qui fera près de 26 000 t à déplacer… sans être très sûr de l’état des fonds du navire et de sa structure. Du coup, personne ne s’avance à assurer que le Rokia-Delmas sera bien remorqué vers La Pallice.

Bien sûr, en injectant de l’air dans les ballasts, en ajoutant d’autres réserves de flottabilité et en faisant supporter latéralement le porte-conteneurs par des barges, l’affaire est jouable sur le papier. Mais le manque de certitudes quant à l’état réel du navire pousse déjà certains experts à envisager un découpage sur zone. Ce qui n’est pas du tout du goût de la préfecture maritime qui compte sur une solution moins laborieuse et surtout une issue plus rapide. Car les tempêtes hivernales du golfe de Gascogne risquent de chambouler toutes les prévisions en faisant le travail elles-mêmes! Le temps est donc compté et les yeux restent rivés sur le baromètre.

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