Selon l’International Maritime Bureau (IMB) de la Chambre internationale de commerce basée à Londres, il y a eu 174 attaques, réussies ou tentées, contre 205 un an auparavant. Des pirates sont montés à bord de 113 navires et en ont détourné 11. Ils ont pris 163 navigants en otage, en ont enlevé 20 et en ont tué 6.
En outre, le détroit de Malacca n’est plus sur la liste des 20 zones maritimes à risques établie par le groupe d’assurances Lloyd’s, conséquence des mesures de sûreté prises par les États riverains et des propositions de participation active des États-Unis et de la Chine. Les attaques contre les vraquiers et cargos ont diminué, mais celles contre les porte-conteneurs et bateaux de pêche ont augmenté. Les navires-citernes visés vont de 4 000 à 100 000 tpl. Les transporteurs de produits ont été attaqués 25 fois (− 11) et les pétroliers 6 (− 10).
L’IMB dispose d’un centre d’informations sur la piraterie, où les commandants de navires peuvent signaler les attaques à tout moment et n’importe où dans le monde et reçoivent immédiatement en retour des conseils sur la conduite à tenir. Le centre coordonne l’assistance médicale et le soutien par l’intermédiaire des autorités locales. Le commandant Pottengal Mukundan, directeur de l’IMB, attribue la baisse générale de la piraterie à deux facteurs: l’efficacité du pointage établi par le centre des attaques par types et tendances par zones; l’action des pouvoirs publics.
PAYS CIBLES
Quatre pays sont particulièrement signalés par l’IMB: le Nigeria, l’Indonésie, le Bangladesh et la Somalie.
Nigeria: 6 attaques effectives et 3 tentatives ont été suivies de 17 prises d’otages contre rançons.
Elles ont été violentes (armes à feu et couteaux) et de grande ampleur. Ainsi, 40 hommes à bord de trois canots ont enlevé 4 membres de l’équipage d’un seul navire. Dans un autre cas, 23 pirates étaient tous armés de couteaux. Ces agressions concernent de plus en plus les travailleurs étrangers de l’industrie pétrolière. Elles attirent l’attention des médias dans le monde et les rivalités politiques locales exercent une influence directe sur la sécurité de la navigation dans la région.
Indonésie: le nombre d’actes de piraterie est passé de 61 à 40 en un an, tout en restant le plus élevé dans monde.
Bangladesh: 33 attaques, dont 22 effectives et 11 tentatives, ont eu lieu surtout dans et autour du port de Chittagong, considéré comme le plus dangereux du monde. Les autorités ont récemment essayé d’empêcher les pirates d’utiliser la baie du Bengale comme zone refuge. Lors d’une opération impliquant 17 bâtiments militaires et 3 000 gardes-côtes, 2 pirates ont été tués au cours d’un accrochage.
Somalie: huit attaques au fusil et à la grenade se sont produites sur la côte Est. Le risque d’enlèvement reste grand. L’IMB recommande donc aux navires ne faisant pas escale dans les ports somaliens de passer à au moins 75 milles de la côte, où patrouillent des bâtiments militaires étrangers. Début novembre, 10 pirates somaliens arrêtés dans les eaux internationales par la Marine américaine ont été condamnés à 7 ans de prison par un tribunal kenyan. En outre, un navire de commerce des Émirats arabes unis, détourné par des pirates, a été pris d’assaut le lendemain par des combattants islamistes qui contrôlent une grande partie du sud du pays. Les 14 membres de l’équipage sont saufs et 8 pirates ont été arrêtés. Ceux-ci devraient être jugés selon la charia (loi islamique) et risquent l’amputation de la jambe gauche et du bras droit, comme les bandits de grand chemin. La Somalie n’a plus de gouvernement digne de ce nom depuis quinze ans.
Les Islamistes, soutenus en sous-main par de riches hommes d’affaires, se sont engagés à éradiquer la piraterie le long de la côte somalienne pour relancer les activités commerciales.
Enfin outre Chittagong, deux autres ports dans le monde sont à haut risque: Djakarta (Tg Priok) avec 9 attaques entre janvier et septembre et Santos (Brésil) avec 6.