C’est officiel depuis le 7 avril. Un accord a été signé entre les représentants du Port autonome du Havre (PAH), le Générale de manutention portuaire (GMP), l’opérateur du terminal de France, et le syndicat CGT des personnels du PAH. Un événement pour l’avenir de Port 2000. Cette signature met un terme à une longue négociation ponctuée à de multiples reprises de fortes tensions. Le 16 décembre 2005, le Conseil d’administration avait adopté un texte se basant sur le principe de mise à disposition du personnel portiqueurs auprès des opérateurs de manutention privés de Port 2000. Une petite révolution dans l’organisation du travail portuaire. Le débat préalable pour aboutir au texte avait été mené au niveau national entre la fédération nationale des ports et docks (FNPD) et l’union nationale des industries de la manutention (UNIM) qui avait finalement adopté une position commune relativement proche sur ce dossier. Le système se base sur le volontariat. Vingt-quatre portiqueurs du PAH vont ainsi intégrer la GMP. Une période transitoire a été fixée à trois ans. À son issue, le personnel mis à disposition aura le choix d’intégrer définitivement l’entreprise de manutention privée ou de se rétracter et d’incorporer à nouveau les services du PAH. Le 16 décembre, la CGT avait fortement réagi à ce qu’elle considérait comme un passage en force du port et à un texte qui selon elle déréglementait le travail portuaire. Plusieurs débrayages et des grèves d’heures supplémentaires s’en étaient suivis.
DES POINTS À ÉCLAIRCIR
Il y a une semaine soit quelques jours seulement après l’inauguration officielle de Port 2000, la CGT qui avait reçu la copie définitive de la Générale de Manutention Portuaire sur l’organisation du travail avait émis des réserves sur certains points mais s’étaient dite prête à négocier. C’est chose faite. Après une importante concertation engagée au plan local, les opérateurs, les représentants des personnels et la direction du PAH se sont mis d’accord. Le texte ratifié précise les conditions d’appel à candidatures, de rémunération, d’avenants aux contrats de travail. Pour permettre une mise en service commerciale du Terminal de France dans le courant du mois d’avril, 12 des 24 portiqueurs sont mis à disposition de la GMP depuis le 12 avril. Les 12 autres devraient prendre du service au début du mois de mai. "Le travail se fera selon une nouvelle organisation dite ciel et marine", précise Jean-Marc Lacave, directeur général du PAH. Les contrats de prestation de maintenance, assistance à l’exploitation, dépannage et maintenance préventive, devraient à présent être élaborés. Ces prestations seront assurées par le PAH pour le compte des opérateurs qui en maîtriseront l’exécution en assurant eux mêmes l’ingénierie de la maintenance. Depuis plusieurs mois, les armateurs suivaient de près l’ensemble du dossier. Avec la signature de l’accord tripartite, un grand pas a été fait pour redonner confiance aux investisseurs.
Les pilotes maritimes prennent les airs
Les pilotes maritimes de la station du Havre-Fécamp sont à la pointe de la technologie et du service. Deux ans après avoir acquis un simulateur de manœuvres encore unique en France, qui leur a notamment permis de s’entraîner à entrer et sortir des porte-conteneurs dans une configuration virtuelle de Port 2000, les 55 professionnels du Havre renouent avec le service en hélicoptère. La station vient en effet de louer à la société Hélicoptères de France, basée à Gap (Hautes-Alpes), un Ecureuil. “Nous le louerons jusqu’au début 2007, date à laquelle nous réceptionnerons le nouvel hélicoptère que nous avons commandé, un Dauphin M3”, souligne Xavier de Salins, le président de la station de pilotage.
Pour les pilotes du Havre-Fécamp, il s’agit d’un événement bien sûr, mais aussi d’un hommage à Jacques Servel, pilote maritime, et Gérard Westelinck, pilote d’hélicoptère. Tous deux avaient trouvé la mort dans un accident tragique au large d’Antifer. Leur hélicoptère s’était écrasé au large du port pétrolier le 8 septembre dernier.
Pour les pilotes maritimes, l’hélicoptère est un moyen de travail irremplaçable. Quelle que soit les conditions météorologiques, il leur permet d’aller chercher les navires très au large, notamment les pétroliers lorsqu’ils viennent en escale à Antifer. Sans hélicoptère, les pilotes récupèrent les navires à douze mille au large des côtes havraises. Mais cette fois-ci à bord de puissantes pilotines.
Stéphane Siret