PSA et DP World augmentent leurs offres de rachat de P & O… que le Conseil d’administration recommande d’accepter.
Celle de PSA se monte à £ 4,70 (6,87 €) l’action, contre £ 4,43 (6,47 €) pour la première de DP World (JMM 20-1-2006, p. 12). Depuis, ce dernier en a fait une nouvelle: £ 5,20 l’action (7,60 €), qui porte la valeur de P & O à £ 3,55 milliards (5,19 milliards d’euros). "Nous pensons que c’est une offre très généreuse, preuve de notre engagement", a déclaré son président Sultan Ahmed bin Sulayem.
Malgré sa recommandation déjà citée de l’offre de PSA, le Conseil d’administration de P & O soutient à nouveau celle de DP World. A sa demande, il a accepté de procéder à un vote lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires du 13 février… à moins qu’une offre supérieure à £ 5,46 (7,90 €) ne lui parvienne! Fin janvier, les actions de P & O se négociaient à £ 5,22 (7,63 €), contre £ 3,00 (4,38 €) deux mois auparavant.
Tout le monde attend de voir si PSA fera une offre supérieure. Les deux protagonistes souhaitent acquérir P & O, afin de s’assurer une solide position dans les nouveaux ports à conteneurs.
De leur côté, les autorités britanniques de la concurrence ont donné leur vert à la première offre de DP World mais n’ont pas encore eu le temps d’examiner celle de PSA. Toutefois, il semble peu probable qu’elles s’y opposent car PSA s’est déclaré prêt à accepter toutes leurs conditions.
Anvers est la principale difficulté de PSA, où lui et P & O disposent de terminaux. Il pourrait se débarrasser de l’un d’eux si nécessaire. En revanche, DP World n’envisage pas de vendre quoi que ce soit de P & O. PSA a alors indiqué que P & O conserverait son intégrité. En fait, il semblerait qu’il soit en discussions avec Hutchison Whampoa (1) en vue de lui céder certains terminaux.
DP World et PSA se sont engagés à garder le directeur général de P & O Robert Wood au sein du futur groupe pour "assurer une transition en douceur". Ce dernier deviendra directeur général des activités en Grande-Bretagne et président de la division ferries.
D’autre part, il se pourrait aussi que APM Terminals (Mærsk Møller) fasse à son tour une offre.
Enfin selon certains analystes, les enchères ne sont pas terminées et la cotation de P & O pourrait monter à £ 5,50 (8,04 €) avant la conclusion d’un accord
1) Propriétaire des ports de Felixstowe et Harwich.
Pas de pacte mondial entre Hutchison et PSA
John Meredith, directeur général du groupe Hutchison Ports, a démenti dans le Financial Times du 27 janvier que sa société avait un accord de coopération de portée mondiale avec le groupe singapourien PSA. Le seul accord de coopération concerne Hong Kong. "Ailleurs, nous nous battons comme des chiens" soulignait-il.
La nature exacte des relations entre Hutchison et le groupe public PSA avait soudainement pris une certaine importance dans le cadre de l’OPA lancée sur P & O, d’abord par DP World, puis par PSA. Le premier avait utilisé des parties d’un communiqué de presse de 2005 selon lequel Hutchison avait cédé à PSA 20 % du capital de son principal terminal, le Hong Kong International Terminals (HIT). L’interprétation de DP World en était qu’en cas d’analyse par un organe de régulation de la concurrence, les parts de marché de Hutchison et de PSA devaient être additionnées.
M. Meredith précisait que l’accord de Hong Kong avait été trouvé parce que les terminaux se trouvaient confrontés à une forte concurrence de la part des installations présentes en Chine continentale. Il était vital d’assurer une coopération entre les différents opérateurs, PSA compris, "pour s’assurer que la baisse des prix n’atteignait pas un niveau insoutenable".
L’accord avec PSA "nous aide stratégiquement à Hong Kong" soulignait M. Meredith: "cela nous aide à stabiliser les prix et à réduire les coûts". Cependant, il serait faux d’extrapoler de cet accord, l’existence d’une coopération à une plus grande échelle. Il est habituel chez les opérateurs de terminaux de coopérer à tel endroit et d’être en pleine concurrence ailleurs, insistait le patron d’Hutchison.
Si PSA arrive à racheter P & O, il deviendra le premier opérateur mondial en terme de capacité, devançant ainsi Hutchison; ce qui ne préoccupe pas M. Meredith. "Ce que nous voulons, c’est être le premier en terme de retour pour l’actionnaire", concluait-il.
Avis aux autorités concédantes de terminaux portuaires.
M.N.