Cap Développement: renforcer l’existant et développer de nouvelles activités

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Depuis plusieurs mois, le Port autonome de Rouen et la communauté portuaire rouennaise planchent sur Cap Développement, un programme de développement à long terme. Lors de la réunion de presse annuelle du Port autonome, Ghislain de Boissieu, président du Conseil d’administration du port et Martine Bonny, directrice générale, ont présenté les principales conclusions du travail réalisé.

La démarche Cap Développement a été menée en deux temps, comme le rappelle le président de Boissieu, "d’abord une évaluation de la position concurrentielle de notre place portuaire, ensuite une sélection de pistes de développement où nous pensons raisonnablement être en mesure de réussir". Le travail a été engagé dès la nomination du nouveau Conseil d’administration en juin 2004. Son objectif majeur était avant tout "d’affranchir le port de Rouen d’une trop grande dépendance par rapport au trafic céréalier, en développant et diversifiant son activité sur d’autres trafics en s’appuyant sur les filières existantes et en prenant pied sur de nouveaux marchés".

La première phase de Cap Développement a consisté à analyser l’existant sous tous ses aspects. Les perspectives des grands trafics rouennais ont été évaluées, tandis qu’était analysé en détail le positionnement concurrentiel. "Il ressort très clairement de cette étude que Rouen est avant tout perçu comme le port de la marchandise", souligne Martine Bonny. Un certain nombre de facteurs positifs a été mis en avant: position stratégique du port entre l’Île de France et l’estuaire de la Seine, port diversifié (traitant de nombreux produits), port "place de marché" (pour plusieurs types de marchandises), port attractif pour les investissements logistiques, rôle multimodal du port… La forte implication des opérateurs privés est également soulignée.

Éléments positifs, mais aussi négatifs pour le port: sont cités notamment la situation de Rouen comme port d’estuaire – mais Anvers en est un lui aussi –, une position pénalisante en période de taux de frets élevés. A également été relevé le déséquilibre entre importations et exportations, qui peut gêner l’optimisation des transports terrestres (et notamment routiers). "D’où le besoin de développer les importations", ajoute Martine Bonny.

UN AVANTAGE ENVIRONNEMENTAL IMPORTANT

Un point important a également été étudié: ce qu’apporte le port de Rouen en termes d’avantages environnementaux. "Le protocole européen" Realise "permet de traduire en termes monétaires les avantages et inconvénients des différents modes de transport (maritime, fluvial, routier, ferroviaire) sur l’environnement. Appliqué au port de Rouen, il évalue les avantages spécifiques de ce port de fond d’estuaire proche d’un bassin de consommation majeur à quelque 24 M€". Ces avantages différentiels dus à la présence des activités portuaires le long de la vallée et à Rouen, portent notamment sur la réduction des rejets de polluants et de gaz à effet de serre, la diminution des accidents et l’impact sur la décongestion routière. "S’y ajoutent de sensibles économies sur la consommation de carburants, évaluées à 15 M€ par an".

Après avoir travaillé sur l’analyse de l’existant et la position concurrentielle du port, les portuaires se sont intéressés à dégager des pistes d’avenir. Quatre grandes orientations ont été définies: le développement de la logistique, le feedering et le cabotage conteneurs, les éco-industries et les filières classiques.

Concernant la logistique, Rouen dispose d’atouts importants de par sa situation géographique. Le port de Rouen "peut, par le biais du conteneur, et en complémentarité avec le port du Havre, permettre le développement d’un véritable pôle logistique". La proximité immédiate de la plate-forme Rouen Vallée de Seine Logistique (RVSL), du terminal à conteneurs et marchandises diverses de Grand-Couronne, est certainement l’un des meilleurs atouts dans ce domaine, avec une desserte totalement intermodale et un "brouettage" minimum entre entrepôts et terminal.

Le secteur du feedering et du cabotage intéressent beaucoup les rouennais. La spécialité Nord/Sud du port de Rouen se complète progressivement d’une présence sur l’axe Est/Ouest, via des connexions avec des hubs. Dans ce domaine, Marfret a mis en place le service de fluvio-feeder qui relie les terminaux havrais et rouennais. D’autres formules pourront être développées: "La possibilité technique dont dispose le port de Rouen d’accueillir des porte-conteneurs d’une capacité atteignant jusqu’à 2 500 EVP permet le développement d’un "feedering" spécifique", souligne le port. Il faut d’ailleurs remarquer que le feedering ne constitue qu’un axe de travail, le cabotage conteneurisé ayant également toute sa place dans la politique rouennaise.

Concernant les éco-industries, Rouen entend construire sur de l’existant. C’est en effet à Rouen que s’est implantée la plus importante unité française de production de biodiesel, la société Diester Industrie. Il existe aujourd’hui un important projet de développement de biocarburants (bioéthanol cette fois) à Lillebonne, sur le site Sodès du groupe Tereos. D’autres pistes doivent être explorées.

Outre ces nouveaux champs d’investigation, le port entend également conforter les filières classiques. "Des gisements de développement existent dans les filières existantes qu’il convient de maintenir et de conforter", souligne Martine Bonny. Il s’agit avant tout de "faire davantage le"plein" de ces filières en travaillant la clientèle de proche en proche pour gagner des parts de marchés".

Pour mettre en œuvre ce vaste programme, la communauté portuaire s’est dotée d’une quarantaine de groupes de travail qui se sont déjà mis à la tâche.

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