L’Agence d’urbanisme de la région du Havre et de l’estuaire (AURH) a publié en juin 2018 deux études portant sur des systèmes portuaires et logistiques : d’une part celui de la Belgique avec Anvers, Bruxelles et Liège, d’autre part celui de la région de Londres avec l’estuaire de la Tamise. Objectif de ces deux publications : tirer de l’exemple de ces deux systèmes portuaires des enseignements qui pourraient profiter à l’axe Seine.
Si l’AURH a réalisé ces deux documents, c’est que cette agence participe avec le cabinet Samarcande au projet de recherche « pour un RER multimodal » lancé par l’Ademe pour le compte du contrat de plan interrégional Vallée de la Seine. Il s’agit, selon l’AURH, de « proposer un nouveau modèle d’organisation logistique à l’échelle de la vallée de la Seine s’inspirant du principe du RER ou du réseau de métro du Grand Paris, mais pour les marchandises. Plus précisément, il s’agit d’identifier un schéma de desserte multimodal de l’axe Seine qui répondent aux besoins des chargeurs et aux attentes des clients et qui tienne compte de l’évolution des supply chain et des schémas de distribution urbaine. » Les conclusions de l’AURH vont dans le sens d’une gouvernance intégrée des ports de l’axe Seine, et soulignent l’intérêt de la connexion intermodale des ports maritimes et des plateformes intérieures pour fixer les flux de marchandises.
Innover pour fluidifier les trafics
Dans le cas de Londres, l’étude fait ressortir un « véritable écosystème de flux qui se déploie tout le long de la Tamise » et montre le fonctionnement en symbiose des terminaux maritimes à conteneurs, des terminaux ferroviaires et des parcs logistiques, dont le développement n’a pas été entravé par la reconquête urbaine du quartier des docks. Ce sont les dessertes ferroviaires qui fondent le modèle portuaire « Thames Gateway ». L’AURH met aussi en lumière l’équilibre entre le cadre posé par les pouvoirs publics, avec, par exemple, la « low emission zone », et la grande liberté laissée aux acteurs privés dans le modèle anglo-saxon.
Du côté de la Belgique, l’AURH souligne la stratégie des ports et des acteurs publics, qui valorisent le foncier bord à quai et « n’hésitent pas à anticiper sur des évolutions de trafic positives en investissant massivement dans les infrastructures. » La congestion routière pousse les ports belges, et plus particulièrement Anvers, à innover pour fluidifier les trafics et à prioriser le fluvial dans ses investissements afin de développer les connexions avec l’hinterland. L’AURH estime que « l'union sacrée des ports et de leurs territoires permet de porter une vision stratégique et une ambition commune favorisées par les modes de gouvernance portuaire et régionale ; la croissance des trafics du port d’Anvers se répercute sur les volumes traités par les ports intérieurs et tirent leur développement. »
En complément du travail réalisé par l’AURH sur la Tamise et les ports belges, deux autres études sont attendues dans le cadre du projet de recherche « pour un RER multimodal » : le cabinet Samarcande s’est penché de son côté sur les ports du Sud de l’Europe, étudiant les cas de Barcelone et des interporti (plate-formes intérieures) italiens.