Des engins de manutention « décarbonés » à l’hydrogène

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Le port de Valence a fait de ses terminaux un laboratoire pour la « décarbonation » des engins de manutention, depuis 2019. Il s'agit d'un programme de recherche et développement  doté d’un budget de 4 millions d’euros sur cinq ans. 2023 voit l’entrée en piste de premiers outillages convertis à l’hydrogène pour des tests. 

En avril 2023, le port espagnol de Valence va recevoir un chariot élévateur (Reach Stacker) et un tracteur converti à l’hydrogène. Les deux engins de manutention seront testés sur les terminaux de MSC et de Grimaldi jusqu’en décembre 2024. Cette expérimentation s’inscrit dans le cadre d’un programme quinquennal de recherche et développement doté de 4 millions d’euros et piloté par le port du Sud de l’Espagne.

« Nous allons tester les performances de ces machines en conditions réelles, sachant que les engins nécessitent une forte puissance compte tenu des charges à soulever », a expliqué le responsable R&D transition énergétique au port de Valence, Aurelio Lazaro, au cours d’une table ronde dédiée à la transition énergétique de activités de manutention lors de la deuxième édition de Meet4Hydrogen/HyPorts, organisé à Marseille les 21 et 22 mars 2023 : .

Le rétrofit du Reach Stacker, réalisé par Hyster-Yale aux Pays-Bas, représente 1,3 million d’euros sur le total de 4 millions du programme. Doté d’un pack de piles à combustible, il développera 90 KW de puissance. Il évoluera sur le terminal MSC, propriétaire de l’un des trois terminaux à conteneurs de Valence dont le trafic annuel atteint 5,6 millions d’EVP.

La transformation du tracteur RoRo atteint un coût de 1 million d’euros. Développé par Atena Group, il évoluera sur le terminal roulier Grimaldi avec comme contrainte de circuler dans un espace retreint ».

L’hydrogène, fourni par une filiale espagnole du groupe américain Air Products, alimentera une citerne de 50 m3. L’hydrogène circule dans un compresseur avant d’alimenter une station mobile qui délivrera 60 kg d’hydrogène à 350 bars par jour.

D'autres ports sur le même chemin

« Plusieurs ports suivent cette voie pour la « décarbonation » des engins de manutention. Ils sont des zones porteuses pour le développement de véhicules et d’engins « zéro émission », a indiqué Jean-Claude Bailly, vice-président de Gaussin, concepteur en ensemblier d’engins mobiles, basé à Héricourt, près de Belfort. Nous avons débuté le déploiement de véhicules à hydrogène il y a quelques mois Nous poussons à la création d’écosystèmes pour faire aboutir les projets. C’est en site fermé que nous parviendrons à développer la mobilité hydrogène »,

Un tracteur électro-hydrogène de 75 tonnes avait été présenté par ce groupe lors de l’édition 2022 de Meet4Hydrogen/Hy Ports à Toulon. L’un d’entre eux va être déployé en juin 2023 à Montoir sur le terminal Grand Ouest. Il sera également expérimenté dans plusieurs ports d’Europe et des États-Unis ou encore chez Amazon. « Les tests sont faits pour permettre aux clients d’intégrer l’hydrogène dans leurs activités », ajoute Jean-Claude Bailly.

Au-delà des engins de manutention

Gaya, une société de conseil basée à Marseille, développe une approche globale depuis les champs d’éoliennes et les fermes photovoltaïques jusqu’aux cavaliers. Elle finalise une preuve de concept (proof of concept) de conversion d’engins portuaires roulant au diesel.

Son fondateur, Pascal Reyne a précisé : « Nous sommes en discussion avec les deux manutentionnaires de Fos et également en négociations avec des ports en Allemagne, en Turquie et en Pologne. La production d’hydrogène « vert » sur site, connectée à des énergies renouvelables, permettra d’alimenter également les barges, les locomotives et les navires de service ».

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