Le GNL, une satisfaction
Avec 41 Mt, les vracs liquides constituent la première filière de Marseille-Fos, en baisse de 11 %, dans le sillage des hydrocarbures (36 Mt, -11 %), des bruts (-16 %), des raffinés (-1 %), du GPL (-6 %). Les vracs chimiques et alimentaires sont aussi à la peine en cumul sur l’année 2020 (-2 %), malgré la bonne tenue des exports (+4 %). Les vracs alimentaires restent positifs avec des exportations d’huile de tournesol (+87 %), ce qui permet aux vracs alimentaires de maintenir une hausse constante sur les 12 mois de l’année 2020 (+9 %).
Le GNL apporte de la satisfaction avec les premiers approvisionnements en ship-to-ship pour les porte-conteneurs de CMA CGM et, à l’avenir, pour ses navires de croisières, des ferries.
Avec 18,3 Mt, les marchandises diverses affichent une diminution de 11 %. Les conteneurs n’ont pas résisté avec 1,3 million d’EVP (-10 %) et -9 % en tonnage. « Mais les trafics avec la Chine et la Turquie se maintiennent, respectivement à +1 % et +6 % sur l’année ». Le roulier enregistre -11 % « malgré le rattrapage entamé au cours de la saison estivale et la reprise de l’activité commerciale. La Corse affiche un score négatif de 8 % et les autres destinations sont en retrait de 19 % ».
Les vracs solides (9,9 Mt, -22 %) montrent des trafics sidérurgiques en repli « malgré de bons mois d’octobre et de décembre. La demande en acier reste en berne. L’activité des terminaux de Carfos est en baisse, le redressement judiciaire d’Altéo a eu un effet important sur les trafics ». Pour cette dernière activité, une reprise par un industriel courant janvier 2021 a apporté une perspective après plusieurs mois d’incertitude. Autre bonne nouvelle : « La filière agro-alimentaire affiche un résultat en hausse de 6 % par rapport à 2019, grâce aux campagnes céréales de l’Algérie ».
Avec 742 000 passagers, les lignes régulières sont à -19 % en 2020 comparativement à 2019. « Après l’arrêt des liaisons mi-mars, celles avec la Tunisie et la Corse ont repris progressivement. Les trafics avec l’Algérie sont à l’arrêt, la réouverture des frontières n’est toujours pas d’actualité. Quant aux croisières « à l’arrêt sans visibilité de reprise claire », la menace est forte pour les près de 16 000 emplois que représente la filière au niveau régional.
-24 % pour les pré- et post-acheminements par le fluvial
Concernant le report modal, les pré- et post-acheminements par le ferroviaire ont atteint 189 788 EVP (-3,8 %), par le fluvial 64 401 EVP (-24,1 %). Il a été rappelé « les incidents à deux reprises sur l’écluse de Sablons qui ont perturbé la circulation sur le Rhône et dégradé l’activité ».
« Nous sommes conscient que la massification est en enjeu pour le port », a indiqué Elisabeth Ayrault.
Interrogée sur la mission qui vient d’être confiée à la présidence de Medlink Ports pour « dynamiser le report sur l’axe Rhône-Saône-Méditerranée » et dont l’un des axes de travail est « l’optimisation de la desserte fluviale du GPMM », elle a répondu : « Je suis également présidente de la Compagnie nationale du Rhône. Le transport fluvial et la liaison avec Marseille-Fos sont au cœur des enjeux. Nous travaillons étroitement avec les équipes du port. Il y a des solutions qui vont émerger, nous sommes prêts à les cofinancer. Nous sommes prêts à travailler avec tous les acteurs comme VNF, Medlink Ports… A travailler à massifier et à fluidifier les flux à Marseille-Fos. Je ne crois pas que la crise remette en cause la desserte de l’hinterland depuis Fos. Nous avons commencé avec le ferroviaire, nous devons travailler sur le fluvial pour une chaîne logistique complète et vertueuse ».
Un port smart, green, innovant
Marseille-Fos a investi 54 millions d’euros en 2020, un montant qui correspond à ce qui était prévu, a précisé Hervé Martel. Ce total se répartit entre 27 M€ pour des projets de redynamisation industrielle, d’aménagements logistiques, de diminution des impacts environnementaux et 24 M€ pour de l’entretien de quais, de réseaux, etc.
Hervé Martel a souligné que les zones logistiques (Distriport et Feuillane) « affichent complet » et que les implantations industrielles se poursuivent (Knauf/BMG –voir le magazine NPI de janvier- Elyse Technologie/Combigreen, Eranova). Toutes les difficultés, côté port et territoire, sont levées pour le projet Quechen, la balle est dans le camp de cet industriel chinois.
Côté bassins ouest, les travaux de jonction (« rotule ») sur les quais de Fos 2XL entre Port Synergy Eurofos et Seayard, démarrés au printemps 2018, se sont achevés avec une livraison en octobre 2020. La disparition de la « rotule » offre un deuxième poste à quai - de forte capacité - à Portsynergy Eurofos pouvant accueillir un porte-conteneurs de 400 mètres supplémentaire. Depuis 2010, le port de Marseille-Fos a investi 175 M€ dans l’aménagement des terminaux conteneurs.
Côté bassins est, les installations pour l’électricité à quai des navires en escale se sont poursuivies, avec un quatrième poste pour les ferries pour la Corse.
De 2021 à 2024, ce sont 342 millions d’euros qui seront investis par le port de Marseille-Fos qui a enregistré pour la première fois depuis 2013 une baisse de son chiffre d’affaires (145 M€, -14 %) dont 20 M€ sont directement imputables à la crise sanitaire avec une contraction des droits de ports alors que les recettes domaniales ont progressé. Mais Marseille-Fos n’est pas endetté. Les droits de port sont « gelés » en 2021.
Pour les années à venir, les priorités du port sont notamment détaillées dans le projet stratégique élaboré par le directoire et qui devrait être présenté puis validé lors de la réunion du conseil de surveillance de mars 2021. « Un port smart, green, innovant est la vision portée par ce projet stratégique, selon Elisabeth Ayrault, la transition écologique et numérique que la crise ne remet pas en cause ». Le port se veux aménageur (insertion dans la ville), développeur (croissance durable, favoriser les projets en lien avec les énergies nouvelles et entrepreneur (prise de parts de marché sur des filières identifiées comme des relais de croissance).
Les orientations du projet stratégique de Marseille-Fos sont en ligne avec celles définies au niveau national par la stratégie nationale portuaire, a indiqué Hervé Martel, favoriser le développement de la logistique, la réindustrialisation, les transitions écologique et numérique des activités.