2018 marque la dernière année de la commémoration du premier conflit mondial de 1914-1918. Installée en 2012, la « mission du centenaire » a été chargée de préparer et mettre en œuvre le programme commémoratif du centenaire de la première guerre mondiale pour les années 2014 à 2018.
Parmi les 1205 projets labellisés pour l’année 2018, il y a eu celui du bateau Daphné et de sa propriétaire Christine Gélain : présenter au public « les mariniers dans la Grande Guerre ».
« Les zones de guerre correspondent aux zones où la batellerie était bien implantée et active, explique Christine Gélain. Les mariniers ont joué un rôle pour le ravitaillement, les approvisionnements en hommes et en matériels. Il y a eu des péniches hôpitaux, des péniches ambulances, des péniches refuges pour les populations en fuite, etc. Quand des ponts n’existaient plus, des péniches bord à bord permettaient de pallier leur absence et de continuer à relier les deux rives ». A l’époque, il y avait des péniches et des barges en bois non motorisées, il fallait les tracter par les chemins de halage par la force animale ou humaine.
« Mon projet initial était d’organiser une navigation de 2 mois en France sur la Marne, la Meuse puis en Wallonie et en Flandre avec un retour par le canal du Nord, poursuit Christine Gélain. Mais je n’ai pas obtenu les subventions pour le réaliser de cette manière. Cela a été une très grosse déception ».
Elle a transformé le projet en exposition rétrospective à bord de son bateau Daphné. A travers 25 panneaux légendés, l’exposition revient sur le rôle méconnu de la batellerie et des mariniers au cours de la première guerre mondiale. Cette exposition a bénéficié du soutien de Haropa-port de Paris, de Voies navigables de France (bassin de la Seine), des départements de l’Oise et du Val d’Oise, des villes de Pontoise et Conflans Sainte Honorine.
Le bateau Daphné a accueilli dans sa cale les 25 panneaux légendés et a été amarré à Paris au quai de Montebello, à côté de la cathédrale Notre Dame de Paris, pour accueillir les visiteurs du 14 juillet au 15 août 2018. Il y a eu une trentaine de visiteurs. Le 23 juillet, à Longueil-Annel, il y a une centaine de visiteurs. Les 25 et 26 août, le bateau a été amarré à Pontoise et l’exposition a reçu environ 200 visiteurs. Le 27 août, le bateau s’est rendu à Conflans Sainte Honorine où 80 visiteurs ont été au rendez-vous.
« C’était une initiative personnelle, Ce qui m’intéresse, c’est la mémoire de la batellerie qui est une partie de l’histoire de France. C’est un milieu où je suis depuis près de 30 ans. Je suis entrepreneur, j’ai pris des risques avec ce projet. J’ai rencontré beaucoup de monde, notamment du monde politique, mais concrètement, je n’ai rien obtenu. Peut-être m’y suis je pris trop tard mais la labellisation des projets par la mission du centenaire n’est arrivée qu’en décembre et après, il restait seulement 6 mois pour tout bâtir. C’est aussi que la batellerie et le transport fluvial en France sont oubliés. Même les grands projets comme Seine-Nord Europe, nul ne sait s’il va vraiment aboutir. Il reste quelques bassins encore en activité en France, c’est bien différent en Belgique. L’avenir de la batellerie en France, cela peut-être le Freycinet pas seulement des énormes bateaux à passagers. Il faut garder le fleuve dans sa taille humaine».
Christine Gélain a remis les 25 panneaux qu’elle a elle-même réalisés au musée de la batellerie de Conflans Sainte Honorine. Il n’est peut-être pas trop tard pour rattraper cette occasion de commémorer les mariniers dans la Grande Guerre ?