Sur l’axe Rhône-Saône, la coopération fer-fleuve entre les directions territoriales de Voies navigables de France (VNF) et de SNCF Réseau, déclinaison de l’engagement national entre ces deux établissements publics, a été signée officiellement le 24 novembre 2021 à Lyon, avec la particularité d’associer également la Compagnie nationale du Rhône (CNR), concessionnaire de ce fleuve.
Pour Cécile Avezard, directrice territoriale Rhône-Saône de VNF : « De nombreuses études montrent que les trafics fluviaux pourraient au moins doubler à l’horizon 2030, pour les filières traditionnelles (matériaux de construction, agroalimentaires, énergies) comme pour celles plus spécifiques (colis lourds, déchets ultimes, logistique urbaine, économie circulaire, matières dangereuses) sur l’axe. Cette alliance fer-fleuve est un nouvel outil pour renforcer la complémentarité opérationnelle entre réseaux bas-carbone, créer des chaînes logistiques à la fois pertinentes écologiquement et économiquement, et développer les trafics fluviaux ».
Complémentarité opérationnelle
Sur cet axe Rhône-Saône, comme sur les autres où le partenariat a été signé au cours des derniers mois à la suite de celui au niveau national en janvier 2021 (par exemple dans le Nord-Pas-de-Calais ou le Grand Est), la synergie entre les deux modes massifiés (ou « réseaux bas-carbone ») « doit bénéficier aux opérateurs logistiques et à leurs clients industriels, grâce à la construction d’une offre commerciale concertée, s’appuyant sur des solutions adaptées de transport combiné rail/fleuve». Le partenariat « a pour objectif de renforcer la complémentarité opérationnelle entre réseaux ferrés et fluviaux pour construire des chaînes logistiques bas-carbone économiquement pertinentes ».
Pour Thomas Allary, directeur territorial SNCF Réseau Auvergne-Rhône-Alpes : « Le partenariat répond à deux convictions fortes : nous sommes complémentaires et non pas concurrents, entièrement tournés vers un transport décarboné. D’autre part, nous pensons qu’en nous tournant davantage vers nos clients, en les écoutant, nous leur offrirons une réponse commune plus simple, au service de leur transport propre et performant ».
4 axes de travail
Le protocole signé fin novembre 2021 à Lyon décline de manière territoriale les axes de travail fixés dans l’engagement national. Pour les trois partenaires, qui entretiennent déjà des relations privilégiées en tant que membres de Medlink Ports, il s’agit de :
- Développer une connaissance commune des besoins et des solutions à apporter aux chargeurs, transporteurs, commissionnaires de transports et ports multimodaux. Les partenaires proposeront notamment des solutions de substitution d’un mode vis-à-vis de l’autre en période de travaux.
- Promouvoir conjointement les solutions fer/voie d’eau auprès des chargeurs et logisticiens.
- Mettre à disposition ou diffuser des outils pratiques adéquats à l’attention des chargeurs, transporteurs, commissionnaires de transports. Cela passe par l’établissement d’une cartographie interactive numérique « qui montre les qualités et atouts respectifs des réseaux, leur interconnexion, leurs accès et leur mode d’exploitation ». Cela concerne aussi la mise au point d’un éco-calculateur « qui objective l’effet positif du report modal ».
- Favoriser et faire la promotion de la solution innovante s’appuyant sur la technologie Blockchain pour mettre en relation, de manière rapide et sécurisée, les nombreux acteurs sur la même chaîne logistique et développer ainsi une meilleure intermodalité.
Sur l’axe Rhône-Saône, la coopération fer-fleuve entre SNCF Réseau et VNF implique un troisième partenaire, la CNR en tant que concessionnaire du fleuve avec parmi ses missions la navigation. Pour sa directrice générale de la CNR, Laurence Borie-Bancel : « Le fer et le fleuve sont indispensables à un axe Méditerranée-Rhône-Saône bas-carbone. Le Rhône bénéficie d’ores et déjà des infrastructures permettant de multiplier par quatre le transport fluvial de marchandises. Je me réjouis de cette nouvelle alliance, qui va nous permettre d’intensifier notre coopération et nos actions conjointes en faveur du report modal vers les deux modes massifiés et donc de continuer d’agir en faveur de la transition écologique de l’axe ».