De l’autre coté de l’étang de Thau, en face du mont Saint-Clair de Sète : Marseillan. En avant première d’« Escale à Sète », trois bateaux se sont retrouvés lors d’une première « Escale à Marseillan » du 8 au 11 avril 2022 pour promouvoir leurs solutions alternatives pour le transport de fret.
Les péniches Tourmente et Séraphine, le voilier l’Oiseau de Passage se sont fait face pendant trois jours du 8 au 11 avril 2022 avec leur comptoir respectif de produits agroalimentaires issus des régions irriguées par les voies d’eau ou des îles méditerranéennes. Débarqués : huile d’olive de Sicile ou de l’Hérault, vin archéchois, minervois, bordelais, pâtes, charcuteries…Ce rendez-vous avait comme but de construire ensemble un réseau et renforcer leur projet de fret agro-alimentaire. Un transbordement de trois palettes de vin entre les deux péniches a eu lieu donnant à voir quelques routes fluviales réactivées pour le vin.C’est à l’initiative d’un bateau patrimoine, la jonque Cybèle, que des bateaux actifs sur le développement des voies d’eau ont été invités pour une première « Escale à Marseillan ». Entre l’Etang de Thau, le bout du canal du Midi et une portion du littoral maritime, Marseillan est une petite commune centrée sur les activités nautiques. En pleine expansion touristique, l’idée de développer sa propre version d’une « Escale » et de prendre part à la grande fête des bateaux historiques de la semaine sétoise s’est imposée. Ensuite, le volet bateaux travail et alternatif s’est avéré pertinent.Pour cette première édition, le collectif des trois bateaux s’est tout juste créé. Le « Comptoir des 3 mers » s’est donc réuni pour la première fois permettant aux équipages d’échanger et de partager leur vision commune d’un fret fluvio-vélique.
Le Tourmente et Séraphine : transbordement de vin
Pour Jean-Marc Samuel, propriétaire du Tourmente, cette rencontre était très attendue. « Cela a été l’occasion de transborder des palettes de vin d’un bateau à l’autre. On a été très contents de se rencontrer pour amorcer une collaboration. Nous sommes faits pour nous compléter, chaque bateau a développé trois offres différentes et c’est important de se regrouper pour faire de la synergie. Le bilan de cette rencontre est l’envie de répéter l’opération pour faire converger nos actions ». Denis Robert coopérateur de la péniche Séraphine (Scic Les Canaliens) et administrateur de l’association Fleuve de Lien (association de développement du transport fluvial alimentaire), est aussi vigneron-chargeur, actif dans la recherche de marchandises et la gestion des stocks. Il témoigne : « C’est déjà difficile de remettre au goût du jour le transport fluvial face au camions, c’est important de se serrer les coudes avec les autres associations qui font la même chose. On est complémentaires au niveau de nos compétences et expériences. Il nous faut aujourd’hui avancer pour que les modèles économiques tournent. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup de bénévolat et de subventions pour arriver à dégager des chiffres d’affaires et des marges. Les gens sont très réceptifs mais plutôt sensibilisés au côté « folklorique ». Peu vont envisager l’aspect écologique et social. Nous avons un grand travail de démarchage ». Bourlingue & Pacotille pour acheminer des produits méditerranéens.L'association marseillaise Bourlingue & Pacotille est une jeune association en vogue en Méditerranée qui porte dans ses cales de très bons produits de Sicile ou de Sardaigne qu’elle livre sur commandes et vend sur des stands dans les ports.Avec son voilier l’Oiseau de Passage, elle a rejoint les péniches Séraphine et Tourmente à Marseillan pour un temps partagé quai Antonin Gros. Marianna Melis de l’association raconte leur escale : « Nous avons pu communiquer au grand public l’intérêt de notre activité en essor. Cette escale partagée a permis que des acteurs du transport alternatif en France puissent jeter les bases pour la création d'un réseau d'actions communes visant au même objectif : promouvoir un transport décarboné, valoriser les territoires et les terroirs par le biais de transports de produits oeno-gastronomiques provenant des filières biologiques et naturelles, sensibiliser les consommateurs à la problématique du transport sur roue et cargo, créer et tisser des liens forts et stables parmi les consommateurs et les producteurs ». Les produits ont été dégustés, des contacts ont été pris…Le clou des trois jours fut un spectacle dans la cale du Tourmente qui a rempli le bateau et permis d’enrichir de valeurs culturelle et humaniste ces dynamiques. Cette première édition d’Escale à Marseillan aura peut-être permis de poser les termes d’une nouvelle collaboration au service de transports bas-carbone sur les voies d’eaux.