«Nous sommes la compagnie la plus ancienne de France, on a acheté nos bateaux au fil des années et nous les avons fait construire sur mesure pour Strasbourg », rappelle Reynald Schaich, directeur adjoint chez Batorama. En 1985, le Rouget de Lisle a été spécialement conçu pour répondre aux contraintes spécifiques de la navigation strasbourgeoise caractérisée par des faibles tirant d’eau et d’air. Il peut passer sous les ponts tout en naviguant dans des eaux peu profondes.
Batorama dispose d’une flotte de 10 bateaux avec seulement quatre d’entre eux qui sont à moteur thermique mais équipés de filtres à particules. « Entre 2012 et 2019, nous avons réduit la consommation d’un tiers soit 30 % avec 60 000 litres de carburant consommés en moins. On est sur l’eau, on fait attention à notre milieu », ajoute le responsable. Une philosophie que la société veut mettre en avant et qui s’appuie, notamment, sur un conséquent programme d’investissement. Celui-ci devrait « conduire Batorama à avoir renouvelé l’intégralité de sa flotte dans les 7 à 10 ans à venir ».
La compagnie se positionne aussi sur une technologie avancée et un retour d’expérience de plus de 20 ans sur l’électrique. D’ailleurs, elle annonce de nombreux projets sur l’évolution de sa flotte bien que sa démarche ait été très ralentie par le Covid-19. « Nous envisageons l’avenir en toute sérénité et confiance. En ce qui concerne le moteur électrique, nous avons rencontré peu de difficulté : cela fonctionne vraiment bien ». La société a un retour plutôt positif avec la mise en service en 2000 du Gustave Doré, bateau à propulsion électrique le plus grand d’Europe.
Dans le cadre de sa démarche environnementale, Batorama a franchi un cap, en optant pour le carburant GTL (gas-to-liquid) pour l’ensemble de ses bateaux-promenade en 2017. Le GTL est un carburant de synthèse alternatif au gazole conventionnel, éco-responsable, sans odeur et sans fumées qui permet d’améliorer la qualité de l’air en diminuant fortement les émissions de particules. Batorama communique sur le fait de « disposer désormais d’une flotte quasiment inodore, sans fumée et aux performances environnementales élevées » et de réduire l’incidence sonore des moteurs. « La phase ultime sera de passer à zéro émission », précise Reynald Schaich.
Bateau Caravelle et nouveau ponton
L’autre « très beau projet est Caravelle », le bateau électrique de pré-série de 135 places, le fleuron que la compagnie attend. Il sera composé d’une coque aluminium de 25 mètres de long et 5 mètres de large et pourvu d’une verrière à partie ouvrante qui sera climatisée et chauffée. « Nous avons fait le choix de batteries en lithium qui tiennent toute la journée, qui pourront être rechargées pendant la nuit sur des bornes électriques à haut voltage. Nous avons voulu que la coque du bateau soit designée pour qu’elle retienne le moins possible le flux de l’eau ». Les futurs passagers trouveront à bord du bateau des prises pour recharger les smartphones, des casques à réalité virtuelle, des tablettes pour suivre la navigation avec des caméras à l’avant et à l’arrière. La sélection du chantier a été validée mais la crise sanitaire a retardé la construction du bateau : « Nous espérions vraiment l’avoir au mois de juillet de cette année ». Il est attendu pour exploitation au printemps 2022.
En parallèle, Batorama a dénoncé toutes ces conventions d’occupation temporaire (COT), explique le responsable. « Nous avons décidé d’investir 125 millions d’euros pour changer notre embarcadère actuel de 135 mètres pour le remplacer par un nouveau ponton qui permettra d’accéder à bord des bateaux ». Le projet a été validé par VNF et une nouvelle COT a été signée pour 15 ans. Batorama a déjà choisi son cabinet d’ingénierie et « le nouveau ponton arrivera en même temps que le nouveau bateau » en 2022. Enfin, comme autre projet, la compagnie veut proposer les services d’un bateau taxi.