« Paris va être durablement touchée »

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Pour Marie-Pierre Landowski, des compagnies de la Seine et des bateaux à roue, la capitale est l’une des destinations qui va avoir les plus grandes difficultés à retrouver son niveau de fréquentation d’avant la crise.  «Les activités ont été suspendues en février 2020 à cause d’une crue de la Seine à ce moment-là puis le premier confinement est arrivé mi-mars », rappelle Marie-Pierre Landowski, dirigeante des compagnies de la Seine et des bateaux à roue.  Ces deux compagnies proposent des dîners-croisière à bord des Capitaine Fracasse et Paris en Scène, l’organisation d’événements avec croisière à bord de trois bateaux à roue et dans un établissement flottant. La clientèle se répartit à part égale entre des particuliers et des entreprises.  « Nous avons repris mi-juin les dîners-croisières en mutualisant les deux bateaux pour optimiser le remplissage. Nous avons accueilli des passagers 5 jours sur 7 sur un bateau avec une jauge diminuée. Nous avons enregistré une disparition totale des touristes étrangers, une diminution des provinciaux. Nous avons eu une part plus élevée que d’habitude de Parisiens et de Franciliens », précise Marie-Pierre Landowski. La reprise de l’activité évènementielle n’a pas été possible avec les contraintes sanitaires qui interdisaient les réceptions debout, la danse, seul restaient les repas assis. « Les clients ont aussi manqué de visibilité sur ce qu’il était possible de faire ou non, les annonces n’étant pas toujours très claires ou tardives ». L’été n’est pas très porteur pour l’événementiel. 

Parmi les mesures de soutien, le chômage partiel a été mis en place, un PGE obtenu. « Ces mesures gouvernementales vont dans le bon sens. Les entreprises sont bien loties en France. Il faut toutefois dire que toutes les mesures sont insuffisantes si l’on se place au niveau de la gestion globale d’une entreprise ». Il ne faut pas oublier non plus les mesures sur les loyers d’occupation du domaine public de Haropa-Ports de Paris et de VNF. Concernant les assurances, « nous finalisons des accords en novembre suite à des discussions depuis avril ». 

« Le festif va attendre »

« Je considère que 2021 ne va pas être beaucoup mieux que 2020. La restauration ne va sans doute pas rouvrir avant la mi-janvier. Les touristes internationaux ne seront pas là. Il y aura peut-être des Européens. Pour l’évènementiel, la réouverture va être tardive et sur la même configuration que 2020. Le festif va attendre. Pour les particuliers, organiser des événements familiaux va être compliqué et il y a aussi un effet économique induit pour cette clientèle. Les entreprises sont fragilisées par la crise et la priorité ne sera pas d’organiser des événements ». 

Comme autre facteur à prendre en compte pour l’avenir du tourisme fluvial, il y a la possibilité d’un changement de mode de vacances suite à l’été 2020 qui ont vu les Parisiens et Franciliens choisir des destinations inédites dont ils sont revenus plutôt contents. Ont-ils pris une habitude de voyager moins loin ? Il y a aussi un possible effet écologique induit par ces vacances plus proches. Sans oublier que la France compte un grand nombre de belles destinations. Concernant les touristes internationaux, il y a le fait que de nombreux gouvernements incitent leurs ressortissants à rester dans le pays, sans oublier la peur du virus. Les prévisions pour un retour à la normale du trafic aérien évoquent 2024. 

La dirigeante se dit « convaincue que Paris va être durablement touchée par une baisse de fréquentation et plus longtemps que d’autres destinations. Paris a été affectée fortement en 2020 et va continuer à l’être. Les passagers à Paris, ce sont entre 70 et 80% de touristes étrangers. Le tourisme fluvial à Paris ne s’adresse pas à des clients de proximité ». 

Une autre inquiétude porte sur les transitions écologique et énergétique : « Je crains de voir arriver une pression très forte à Paris sur le verdissement alors qu’avec des acteurs économiques exsangues, quelle peut être leur capacité d’investir ? La ville de Paris et la région Ile-de-France n’ont pas conscience de la situation telle qu’elle est pour nous le tourisme fluvial. Il faut une prise en compte de la situation économique réelle de la filière et y adapter les ambitions de verdissement ».

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