« Je voudrais le dire clairement, la profession se prend en main. CFT a démarré, malgré la crise, une expérimentation avec un pousseur alimenté avec du bio-carburant Oléo 100. La moitié des opérateurs de tourisme parisien a basculé vers un carburant de synthèse, le Gas to Liquid. Plusieurs commandes sont en cours dans le tourisme pour des propulsions hybrides ou 100 % électriques. Deux projets de pousseurs à hydrogène sont très avancées, l’un sur le Rhône, l’autre sur la Seine », détaille Didier Léandri.
La transition écologique, c’est aussi l’installation de panneaux solaires sur les bateaux de transport de fret. Ceux-ci sont aussi des lieux de vie avec des équipements à bord pour lesquels l’énergie solaire permet une autonomie électrique, tout en réduisant les nuisances sonores et olfactives pour les riverains (voir encadré).
Des convergences
Les engagements pour la croissance verte (ECV) fluviaux pourraient être signés lors de la cérémonie de clôture de l’assemblée générale d’E2F en présence du ministre délégué aux transports Jean-Baptiste Djebbari, le 8 octobre 2020.
Dans le domaine de la décarbonation des transports comme sur le plan de la relance économique, « le regroupement au sein de E2F a révélé de nombreuses convergences entre acteurs, indépendamment de leur taille ou de leur marché d’intervention, mais surtout une convergence sur une ambition c’est-à-dire faire de notre pays un pays fluvial – ce qu’il a cessé d’être il y a plus de 40 ans, faute d’avoir pris en compte le caractère multidimensionnel de la voie d’eau : une dimension logistique, une dimension écologique, une dimension d’aménagement du territoire et une dimension économique. Ce qu’a bien révélé la crise, c’est l’extrême interdépendance des acteurs au sein des chaînes de valeurs, la dépendance à l’international et le lien étroit entre sécurité sanitaire et développement durable ».
Des panneaux solaires sur les bateaux
Un bateau fluvial est doté d’équipements électriques très variés, que ce soit pour faciliter la navigation (dispositif d’aide à la navigation, radar, etc.) ou pour le confort et la vie à bord (chauffage, réfrigérateur, micro-ondes, télévision, ordinateur, etc.). Pour fonctionner, ces appareils ont besoin d’électricité. L’alimentation électrique à bord d’un bateau peut se faire par des bornes d’alimentation électrique installées à quai ou par un groupe électrogène. L’énergie solaire est une autre solution pour alimenter ces équipements et assurer une autonomie électrique, tout en réduisant les nuisances sonores et olfactives pour les riverains. Depuis un an, une trentaine de bateaux de navigation intérieure ont été équipés de panneaux solaires, qui permettent une économie de 15 000 litres de carburant et évitent le rejet de 47 tonnes de gaz à effet de serre (GES), ces calculs ayant été effectués effectués sur la base de l’ensoleillement parisien. Installés le plus souvent sur le toit de la timonerie des bateaux, les panneaux solaires permettent aux opérateurs fluviaux d’utiliser une énergie renouvelable qui ne gêne ni la navigation, ni l’équipage. C’est une solution à la fois économique et écologique pour ces opérateurs qui n’ont plus besoin d’avoir recours au gazole non routier (GNR).