La structure du Caf a été retenue car elle a l’intérêt d’exister, d’être opérationnelle, de constituer un vecteur juridique qui peut évoluer très vite pour répondre à l’urgence de créer une représentation des artisans-bateliers suite à la liquidation de la CNBA devenue réelle depuis le 1er juillet 2019.
« Nous sommes une dizaine à avoir travailler avec le Caf, un groupe de travail d’artisans-bateliers, explique Pascal Rottiers. Nous avons négocié un accord de base pour constituer une nouvelle structure pour intégrer les artisans au sein du Caf avec un nouveau collège. Un conseil d’administration du Caf a validé le 4 septembre 2019 les principes d’intégration de l’artisanat dans la nouvelle structure avec un nouveau collège ».
Andy Fouquier raconte : « La profession doit absolument être représentée. Aujourd’hui, La Glissoire soutient ce projet de nouvelle représentation des artisans-bateliers qui s’appuie sur le Caf -qui a l’avantage d’être une structure existante- et qui va mener à une nouvelle fédération qui va représenter toutes les composantes de la profession. On est une dizaine à avoir négocier les conditions d’acceptation sur l’intégration d’un nouveau collège au Caf pour que l’union puisse se faire. Entre les artisans et les compagnies industrielles, il y a 90 % de sujets communs ».
« J’ai fait partie de ceux qui ont réfléchi et participé à la création de cette nouvelle représentation des artisans-bateliers, indique Pascal Malbrunot. Ce qui se met en place c’est une nouvelle structure, ce n’est pas la CNBA, ce n’est pas le Caf, nous repartons depuis le début. Il y a une volonté commune d’avoir une vraie représentation de l’ensemble de la profession pour échanger avec tous nos interlocuteurs comme VNF, par exemple. Nous sommes si peu, 600 entreprises artisanales de transport de fret pour la France entière, alors nous espérons que l’union de tous va donner de la force au fluvial ».
Financer la nouvelle structure
Qui dit nouvelle représentation, dit adhésion et cotisation. Une nécessité car seule la mobilisation d’un grand nombre d’artisans-bateliers et leurs adhésions nombreuses peuvent montrer que la nouvelle représentation est légitime face à tous les interlocuteurs de la profession fluviale.
Pour Pascal Malbrunot, « l’adhésion à la nouvelle structure est d’un montant similaire à ce qu’on versait à la CNBA ». Pascal Rottiers précise : « Nous avons lancé une campagne de recrutement auprès des artisans-bateliers. Nous avons besoin de financement pour la nouvelle structure ».
Pour fonctionner au mieux, rapidement, la nouvelle structure va en effet recruter une personne qui va être l’interlocuteur des artisans-bateliers au sein du Caf, dans un premier temps, et pourra s’appuyer sur l’équipe en place. Elle sera impliquée dans tous les sujets dont s’occupent le Caf au quotidien pour ses adhérents, y compris donc les nouveaux à rejoindre la structure et issus de la batellerie artisanale.
« Nous avons beaucoup de sujets en commun avec les deux autres collèges, souligne Pascal Rottiers. Il y a le réseau, la finance, j’entends par là notamment tout ce qui est lié à la fiscalité, tous les aspects techniques, commerciaux, sociaux ».
La volonté de tous les porteurs de ce projet de nouvelle représentation des artisans-bateliers est d’avancer rapidement pour montrer qu’est maintenant venu le temps de l’action après les nombreux échanges et l’onde de choc qu’a provoqué l’annonce de la disparition de la CNBA puis sa liquidation.
Le calendrier à venir reflète cette volonté : mi-octobre, une assemblée générale extraordinaire du Caf pour valider et conclure les évolutions de cette association, mi-novembre, installation du collège des artisans-bateliers avec un président provisoire jusqu’à des élections mi-2020.
« La nouvelle représentation, c’est pour que toute la profession –artisans, transport de passagers, armateurs- parle d’une seule voix face à tous les interlocuteurs, déclare Viviane Dubourg. L’idée, c’est d’agir maintenant. Tous les artisans-bateliers doivent comprendre qu’il est important de se rassembler maintenant pour parler d’une même voix ».