Après le détournement du VLCC Sirius-Star, plusieurs armements transportant du pétrole, du gaz et des produits chimiques, ont décidé d’éviter le golfe d’Aden et de choisir la route du cap de Bonne Espérance.
Le Sirius-Star, sous pavillon libérien, propriété de l’armement saoudien Aramco et chargé de 2 millions de barils de pétrole brut, a été détourné le 15 novembre par des pirates somaliens à 450 milles au sud-est du port kenyan de Mombasa. Quelques jours plus tard, les armements Frontline, Mærsk, BW Gas, TMT, Euronav et Odfjell ont annoncé leur intention d’envoyer leurs navires à destination de l’Europe par la route du cap de Bonne Espérance, par mesure de sûreté.
Mærsk indique que ses « navires, dont le franc-bord et la vitesse sont insuffisants, éviteront jusqu’à nouvel ordre le golfe d’Aden et rechercheront des routes au sud du cap de Bonne Espérance et à l’est de Madagascar. Toutefois, selon la disponibilité des escortes, ces navires pourront rejoindre les convois en transit dans le golfe d’Aden ». L’armement danois précise que ces derniers disposent de procédures de sûreté et de sécurité, mises à jour régulièrement. Il ajoute que seuls les navires-citernes et trois porte-conteneurs sont concernés.
L’association Intertanko a apporté son soutien à ces armements et estime que leur exemple sera suivi. « Nos principales préoccupations restent la sécurité des navigants et le manque de protection navale efficace, écrit-elle dans un communiqué, nous avons besoin d’une action immédiate de la part des États pour protéger ces routes commerciales vitales, une action robuste sous la forme d’un soutien militaire et naval plus important avec un mandat clair pour intercepter, arrêter et conduire les pirates devant un tribunal ». De son côté, le Joint Hull Committee, représentant les compagnies d’assurances maritimes, « recommande sérieusement » aux armements d’éviter les eaux somaliennes. Il les prévient que les primes vont augmenter. Il avertit aussi le gouvernement égyptien que, s’il ne se montre pas plus actif à combattre la piraterie dans la région, il met en péril l’activité du canal de Suez.
Enfin, l’association des armateurs australiens rappelle que ses membres ont décidé d’éviter le golfe d’Aden depuis six mois, lorsque la piraterie a commencé à prendre de l’ampleur. Le voyage par le cap de Bonne Espérance rallonge le trajet de deux à deux semaines et demi et coûte jusqu’à 500 000 $ de plus à chaque fois.