Selon son étude annuelle sur le maritime, la banque suisse UBS pronostique des pertes pour les prochains mois, indique un article du quotidien allemand DVZ.
Les récentes baisses de profit des armements conteneurisés ne seraient que le prélude d’une longue phase de faiblesse. Il serait même probable que les transporteurs, pendant les 18 mois à venir, passent dans la zone des pertes. Pour preuve, les résultats semestriels publiés ces derniers mois qui démontrent leur difficulté à sortir du rouge. En règle générale, cela s’explique par les coûts croissants du prix des soutes et par une demande en baisse. Pour les analystes de l’UBS, cela ne suffit pas. Les banquiers sont plus sévères. Outre ces deux facteurs, l’offre excédentaire et une politique des prix agressive alimentent ces baisses. Ils imputent aux armateurs une complicité dans l’échouement.
On peut déjà en déduire les suites. La période de pointe précédant les fêtes de Noël pourrait, cette année, être nettement plus faible voire ne pas avoir lieu, indique l’étude de la banque suisse. Un phénomène qui s’est produit pendant la dernière dépression du maritime dans les années 2001 et 2002.
Pour 2009, les présages ne sont pas meilleurs, selon l’UBS. D’après elle, le besoin de capacité supplémentaire est de 5 % seulement alors que l’offre devrait s’accroître de 10,7 %. De plus, la croissance des volumes se réduirait de 5,6 % cette année à 4 % en 2009. Ce qui pose problème aux analystes c’est surtout la situation de la route Asie/Europe particulièrement importante pour le transport conteneurisé. La concurrence des prix qui y règne a déjà mis les taux de fret sous pression et menace durablement la rentabilité des armements. Vient s’ajouter à ces éléments, l’introduction de navires dépassant les 10 000 EVP qui, dans cet environnement, ne conduirait peut-être pas à une baisse des coûts par effet d’échelle. Au contraire, les coûts unitaires des marchandises augmenteraient du fait de la faible utilisation des capacités.