Le biocarburant intéresse le transporteur de voitures Wallenius Wilhelmsen, un des leaders du marché. L’entreprise norvégienne a récemment signé un contrat d’achat avec la major texane ExxonMobil. Les biofuels, utilisés en mélanges (avec 70 % de carburants conventionnels) sont une des voies exploratoires de l’armateur qui a pour l’heure surtout réduit la vitesse de ses navires tout en s’intéressant de près au vélique. La première livraison de biocarburant est prévue pour juillet, marquant selon ses termes « le début de son voyage vers la transformation ». « C’est la meilleure option dont nous disposons aujourd’hui pour décarboner notre flotte », indique Jon Tarjei Kråkenes, en charge de la transition énergétique, reconnaissant que le volume contracté représente une part relativement faible par rapport à la consommation annuelle de carburant du car-carrier. Wallenius Wilhelmsen entend parvenir à une chaîne d’approvisionnement intégrée à émissions nettes nulles d’ici 2027.
L’autre grand du secteur, Höegh Autoliners, a signé pour sa part avec le fournisseur norvégien d’énergie verte North Ammonia pour sécuriser son approvisionnement en ammoniac. Membre de la First Movers Coalition, Höegh Autoliners s’est donné pour objectif 2030 de consommer au moins 100 000 t d’ammoniac vert au sein de sa flotte, ce qui correspondrait « à 5 % de ses opérations en haute mer ».
Le car carrier a choisi cet autre combustible de rupture pour propulser les huit porte-voitures bicarburant de grande capacité (9 100 voitures) de sa classe Aurora, dont la livraison est prévue entre le second semestre 2024 et 2025. En réalité, les unités de cette série pourront fonctionner avec différents carburants et seront, selon Deltamarin, l’architecte naval, « les premiers navires neufs à porter la mention « prêt pour l’ammoniac » et « prêt pour le méthanol » ».
Fondée en 2021, North Ammonia approvisionnera le Norvégien depuis son unité de production d’Eydehavn, implantée dans le port d’Arendal au sud de la Norvège, un site choisi pour son accès à de l’énergie renouvelable. Le lancement de la production est prévu pour 2027. Sans surprise, le hub de soutage devrait être l’un des ports de la région Amsterdam-Rotterdam-Anvers (ARA) et il est fort probable que les futurs souteurs d’ammoniac de Grieg assurent les opérations.
« Le fait que l’ammoniac vert devienne un carburant maritime totalement viable change la donne pour notre industrie. Je pensais que cette évolution serait possible dans dix ans. Mais la technologie évolue plus vite que prévu », a souligné Sebjørn Dahl, directeur d’exploitation de Höegh Autoliners, à l’occasion de la signature du contrat d’achat, qui estime ainsi ouvrir la voie au développement de la production et à la mise en œuvre d’une chaîne d’approvisionnement.
« Nous dépendons de pionniers tels que Höegh et ce partenariat démontre la demande croissante d’ammoniac vert dans le secteur du transport maritime en haute mer. En tant que développeur d’infrastructures, nous espérons que cette collaboration incitera d’autres entreprises du secteur », a renchéri Vidar Lundberg, le PDG de North Ammonia.