« Rotterdam a renforcé sa position de premier port européen dans le segment stratégique du trafic par conteneur ». Cette autosatisfaction de la société d’exploitation du port néerlandais à l’annonce de ses résultats pour 2018 ne doit cependant pas masquer les contre-performances accusées dans les autres secteurs.
De fait, les trafics par conteneurs ont porté l’ensemble de l’activité 2018 avec une croissance de 4,5 % en tonnage (149,1 Mt) et de 5,7 % en nombre d’EVP, avec 14,5 millions d’unités. Rotterdam s’arroge ainsi une part de marché de 36,5 % au sein de la rangée nord-européenne (devant Anvers, Hambourg et Bremerhaven).
En regard, les vracs secs et liquides font grise mine en encaissant respectivement une baisse de 3,2 %, à 77,6 Mt, et de 1,1 %, à 211,8 Mt. Pour sa part, le secteur breakbulk s’en sort de justesse avec une hausse de 0,5 % des trafics, à 30,4 Mt.
Dans le détail, la baisse de 11,6 % sur les denrées agricoles, du fait d’un report de l’activité vers Amsterdam, et la chute de 3,6 % des minerais de fer et des ferrailles se sont avérées les plus pénalisantes pour le secteur du vrac sec. Le charbon a enregistré une dynamique inverse, avec une appréciation de 2,3 %, à 26,3 Mt.
Pas de salut grâce aux vracs liquides, les manutentions de pétrole brut ont décliné de 3,7 %, à 100,3 Mt. Pour les autres produits pétroliers (77,7 Mt), la chute se limite à – 1,9 %. Reflet de ce qui se passe dans nombre de ports équipés, Rotterdam capitalise sur le GNL qui, avec 5,2 Mt comptabilisés, explose de 163,6 %, résultant des échanges avec la Russie.
373,7 M€ avec les concessions
L’exercice du premier port maritime européen a par ailleurs été marqué par un haut niveau d’investissements (+ 91 % sur 2018), à 408,1 M€. Les deux projets visant à fluidifier les acheminements de conteneurs maritimes – le tronçon ferroviaire « Theemswegtracé » vers l’hinterland et le Container Exchange Route appelé à relier cinq terminaux de la zone Maasvlakte 2 – ont absorbé les sommes les plus conséquentes.
Sur le plan financier, la société d’exploitation du port a dégagé un chiffre d’affaires de 707,2 M€ (contre 712,1 millions en 2017). Les revenus des concessions ont chuté de 0,9 %, à 373,7 M€, tandis que les coûts opérationnels ont crû de 2,6 %.
Enfin, la prudence s’impose sur l’exercice en cours avec « une légère hausse des volumes anticipée ». Pour le secteur conteneurisé, « la croissance se situera à un niveau moindre que celle exceptionnelle enregistrée ces dernières années », est-il assumé.
À Amsterdam, « la forte hausse des trafics de produits agricoles et de conteneurs a permis de compenser la faiblesse sur le charbon », a résumé Koen Overtoom, directeur général de la société d’exploitation du port de la capitale néerlandaise. Au global, en incluant les ports régionaux situés sur le canal de la mer du Nord (IJmuiden, Beverwijk, Zaanstad), les tonnages globaux ont atteint 101,8 Mt, contre 100,8 Mt en 2017.
Top des flux
Trafic global: 469 Mt (+ 0,3 %)
Vrac liquides 211 Mt (– 1,1 %)
Conteneurs 14,5 MEVP (+ 5,7 %)
Vracs secs 77,6 Mt (– 3,2 %)